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"Ėko" est un court roman d'un auteur lituanien, en forme d'hommage mélancolique à Paris et à la littérature. Alors que le monde lentement s'éteint, la ville lumière se vide de ses habitants, tandis que les monuments s'effritent et s'effondrent. Au cœur de cet effondrement, nous suivons les pérégrinations du protagoniste, qui va croiser la route de sa dernière partenaire de vie et d'un chien errant, Ėko. Une bal[l]ade poétique et eschatologique dans un monde qui se meurt, mais où la vie est célébré jusqu'au dernier instant.
On ne peut pas nier que la langue de Valdas Papievis est élégante et imagée. Chaque phrase est empreinte de précision et de raffinement, conférant une poésie certaine à la lente agonie qu'il décrit. L’œuvre est toute empreinte d'un discours sur la solitude, l'angoisse, l'affliction, plus prosaïquement sur la fin du règne des hommes. On y retrouve pourtant de l'espoir, une forme de réenchantement du monde et d'ultime épicurisme. Selon le carpe diem cher à ces derniers, les personnages d'"Ėko" profitent sans excès de chaque plaisir qui leur est accordé, comme si ce jour était le dernier, tout en continuant à imaginer ce que sera demain. Qu'il s'agisse de profiter d'une fanfare, d'admirer la Lune, de réciter de la littérature, de chercher la meilleure pièce de viande auprès d'un boucher dévoué ou d'apprendre à un enfant à sculpter le bois, les plaisirs de la vie sont célébrés en dépit de la fin du monde annoncée. Au milieu du chaos et de l'extinction, Valdas Papievis redonne du sens à l'immédiateté, au sensible, à l'émotion pure.
Contrairement aux premières impressions, "Ėko" apparaît avant tout comme une ode à la vie et à l'émerveillement. Qu'on veille lire cette errance dans un Paris à l'abandon comme une métaphore, une allégorie ou un simple présage, on en retiendra avant tout une leçon d'humilité face à notre finitude et une invitation à savourer ce qui peut encore l'être.
Créée
le 13 nov. 2024
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