Au prétexte de mener à bien la pourquoi pas noble mission de réhabiliter Paule, la mère d'Hervé Bazin, plus connue sous le surnom cruel de Folcoche, Émilie Lanez propose en réalité un portrait à charge de l'auteur lui-même, son « enquête » oubliant bien souvent la figure maternelle au profit de celle du fils le plus connu. Ainsi, le titre de l'essai semble mal choisi ; le texte s'égare probablement à cause de l'incapacité de son autrice à mettre la main sur suffisamment de témoignages ou de documents permettant de dresser un juste portrait de cette mère de famille écharpée par la littérature. Plus que des sources précises, vaguement établies à la fin de l'ouvrage (il n'y a pas de notes de bas de page...), c'est l'imagination de Lanez qui raconte Paule à coups répétés de modalisateurs et de verbes de pensée (que retenir d'elle si ce n'est qu'on ne sait pas grand-chose ?) ; et ce sont deux autres chercheuses mentionnées dans le livre qui fournissent en fait tout le travail d'enquête sur Hervé Bazin, sur ses passages nombreux en prison et en asile. Voilà qui est fâcheux : produire un essai qui ne prouve rien de nouveau... Alors même que l'autrice répète qu'elle est la première à faire ce travail d'excavation et de relation du passé de l'écrivain, elle se contredit finalement dans les dernières pages lorsqu'elle signale que Pierre Viaud et Jean Loizé ont déjà entrepris cette croisade d'encre anti-Bazin. Et la mère, dans tout ça ?