L’essai issu de l’enquête menée par la journaliste Pauline Ferrari sur la sphère masculiniste est tout simplement percutant.
Se sentant menacés par des vagues féministes de plus en plus nombreuses et surtout puissantes, certains membres de la catégorie “hommes cisgenres hétérosexuels” se sentent menacés et créent alors le mouvement “masculiniste” au nom bien évocateur.
Le mouvement prend une ampleur phénoménale en période de confinement, où tout un chacun est livré lui-même. En mode influenceur viriliste, qui donne des conseils de développement personnel - très en vogue en ces périodes anxiogènes- le masculiniste dit “alpha” engraine les frustrés de leurs vies en leur mettant dans le crâne que tous leurs problèmes sont causés par les “femelles”. On souffle fort.
Dans son ouvrage, Pauline Ferrari dresse le constat affligeant de la popularité certaine de ce mouvement régressiste, qui flirte ouvertement avec l'extrême droite. Extrêmement bien détaillé et surtout très bien sourcé, le bilan dressé par cet essai brise le mythe du virilisme à l’ancienne. Le masculinisme est bel et bien d’actualité et ça fait froid dans le dos.