Sous des abords de "foutez-vous la paix", Fabrice Midal ne vous y enjoint pas. Il vous l'ordonne. Et pourquoi vous l'ordonne-t-il ? Parce qu'il est persuadé - sans doute de bonne foi - qu'il a raison et qu'il détient la vérité. Or, cette attitude qu'il reproche "aux gens" tout au long de son livre, il l'arbore continuellement.
Mais d'où lui vient toute cette sagesse ? D'où s'octroie-t-il cette pédante posture de donneur de leçons ? Parce qu'il a vécu des anecdotes personnelles. Parce qu'il a un doctorat en philosophie (ce qui ne présume de rien, soyons clairs) et, souvent, parce qu'il interprète à sa sauce les paroles ou les actions de certaines gens qu'il a côtoyées... Il vous suffit de faire un simple décompte de tous les "sous-entendus que" qu'il assène à tout bout de champ.
Aussi, il passe volontiers par des "études américaines" pour appuyer ses propos... Mais sans les citer, sans en citer les auteurs, et en ne reprenant que ce qui l'arrange (pour peu que ces études aient existé, mais je suis tout à fait prêt à le croire) pour étayer ses propos. D'ailleurs, il va même jusqu'à interpréter des études qui n'avaient absolument pas le but qu'il leur donnent (je pense notamment aux travaux de Mihaly Csikszentmihaly (rare auteur qu'il cite) sur le flow et que Fabrice Midal detourne pour se donner raison).
Je pense que ce livre parlera aux gens en colère contre eux-mêmes et contre le monde, mais il n'est pas tourné de sorte à prétendre être d'aucune utilité humaniste. On n'ordonne pas aux gens de faire comme on croit être le mieux. Au mieux on leur explique pourquoi c'est ce qu'on pense... Et ce n'est pas en reprochant "aux autres" certaines attitudes que cela nous donne le droit de faire de même.
Au final, ce n'est pas tant le propos que je critique ici (bien que ça mériterait de faire l'objet d'un billet plus complet : tout n'est pas à jeter, au contraire, mais tout n'est pas à boire comme du petit lait non plus) mais la manière et la posture adoptées, ainsi que cette tendance de l'auteur à se projeter dans tout être et toute chose et à se porter en garant de la vérité qui lui est apparue.
Sans parler des arguments, thèses et antithèses qui se succèdent et se confrontent mais qui n'abordent pas les mêmes points et ne réfèrent pas aux mêmes plans, rendant, encore une fois, le propos sinon bancal, totalement hors sujet, voire abscons.
Je n'ai pas apprécié cette lecture (et je suis bon public) et ne la conseillerait pas. Je crois cependant que ce livre (sorte de journal intime et intimant) pourra faire écho chez certain.e.s... Juste pas chez moi.