Petites intrigues de famille vivant en quasi-vase clos, dans leur communauté villageoise. Dans un trio à consonance œdipienne, une vieille mère et sa belle fille se disputent l'affection d'un fils de 50 ans, ayant vécu trop longtemps sous l'influence totalitaire de sa mère. Le roman narre surtout les conséquences de cet affrontement, avec les tragédies qu'il suscite. Comme d'habitude, la radicalité des portraits psychologiques que peint Mauriac, ajoutée à ce milieu bien particulier qu'il décrit, donnent au lecteur un sentiment de malaise, face à cette moiteur, ces corps dégénérés, ces glorieux ratés d'une noblesse campagnarde. La particularité vient surtout de l'idéalisation du défunt dans l'esprit de ce personnage principal incapable d'autonomie, d'affronter seul les événements. C'est d'abord l'idéalisation de sa femme contre sa mère, puis de sa mère contre les étrangers à la famille. Remarquons l'oubli de sa femme idéalisée à la mort de sa mère, car, n'ayant vécu que couvé, il ne peut être l'extension que d'une seule personne (extension ou parasite?).