Je n’ai jamais lu de livre comme celui-ci. Happé dès les premières longues (très longues… plusieurs pages) phrases, on est rapidement pris au piège de ces 350 pages.
On suit Korim, qui découvre un manuscrit tentant de trouver une beauté extérieure, une exception, au chaos inhérent à l'Histoire. Il devient sa raison de vivre, sa bouée de sauvetage face à l’absurdité et à la violence permanente du monde, qu’il n'est pas capable d’accepter comme telles.
Mais cette bouée se dégonfle progressivement : ni le manuscrit, ni Internet, ni l’Histoire ne peuvent fixer ce qui, par nature, se défait, et la recherche de sens ne s’avère pas plus salutaire que le chaos qu’elle prétend combattre.
Le constat est désespéré : aucune consolation à la violence, au chaos, permanent du monde et à la guerre perpétuelle ne nous est proposée, seulement ce constat : les constructions et autres tentatives humaines, quelles qu'elles soient, sont des îlots dérisoires.
Rien n’est jamais formulé clairement ; tout est suggéré, disséminé au fil du tourbillon qu’est ce livre. Guerre et Guerre n’est pas un roman : c’est une expérience.
Une expérience qui se déroule rapidement grâce au rythme propre à ce livre, hormis certains longs passages au sujet du contenu de ce fameux manuscrit.
Une expérience que je suis content d'avoir vécue, mais dont je ne sais pas vraiment si je garderai grand chose, tellement ce livre dépose une impression plutôt qu'un message. Une impression trop dérangeante pour donner envie d'y passer plus de temps que celui de cette lecture et de la rédaction de cette critique.