"Ainsi le coeur peut se briser, et cependant, continuer de vivre" ... C'est sur ce vers de Lord Byron que Guillermo del Toro conclut son travail sur cette adaptation du célèbre roman de Mary Shelley.
Roman que je n'ai jamais lu. Célèbre mythe qui m'inspirait plus horreur qu'humanisme. Et pourtant... Aucune horreur dans ce très beau film, que ce soit dans le scénario, le jeu ou les décors. Et ce malgré l'atmosphère noire et baroque dans lequel il se déroule. Ici la douceur et l'humanisme perçent rapidement et s'imposent sur le reste.
Ainsi donc le coeur peut se briser, et cependant, continuer de vivre ? Ce vers prend effectivement tout son sens au fil de ce film. Ce ne sera jamais la vie en elle-même qui nous brise le coeur, mais les Hommes qui en composent l'expérience qu'on en fera.
Une ôde à la vie. La vie dans ce qu'elle a de plus beau, à savoir Être. La vie est ; partout, en tout, et malgré tout. Un regard fin et juste selon moi rappelant les difficultés de la voir à cette juste valeur, et de s'en contenter, dans nos sociétés humaines faites d'intéractions complexes, déposant tous types de poids sur nos épaules et de voiles devant nos yeux.
Cette vie, ici une sorte de cage dorée. Une cage dorée dont on ne sait se contenter de la dorure, car on ne sait se résoudre à son assignation. Dorure dont on délaisse le scintillement à force de rechercher au delà de ses barreaux.
Ici Guillermo del Toro nous invite à se rappeller de ce scintillement qu'est la vie. Mais pas de discours niais sur l'importance d'aimer la vie pour autant. Le message évoqué au fil du film est plus profond.
Et au delà des barreaux alors ? Au delà de cette vie factuellement présente ? La quête de sens complique la vie autant qu'elle la magnifie. Chercher le bonheur, la compréhension, et inévitablement en chemin s'y voir blessé. Accepter ce risque d'y être parfois blessé. Accepter, et pardonner ; car de toute façon l'important n'est pas là. Car même face au pire, il restera ce scintillement qu'est la vie. Si tant est qu'on s'en souvienne...
Alors souvenons nous-en, acceptons, et vivons ! Aussi longtemps que nous en avons la possibilité. Faisons de notre mieux, entourons m-nous de belles personnes, pardonnons aux moins belles qui feront aussi inévitablement partie du chemin. Aimons, apprenons à dire pardon. Vivons !
Je ne sais pas si le roman original traite les mêmes questions, mais j'ai dorénavant envie de le lire.