J'ai lu cette série il y a longtemps, faisant partie des jeunes ados au moment de sa sortie. Je l'aurai relu plusieurs fois au cours des années suivantes, confirmant que certains détails et implications prennent une tout autre forme quand on est un lecteur adulte. Même si cette série continue de faire vendre des millions en produits dérivés et autres versions de ses livres, je dois avouer que cette série prend beaucoup de place. Surtout, je me rend compte avec des milliers de livres au compteur que Harry Potter, aussi complexe et riche soit-il, n'est pas le seul dans ce genre. Il est surtout un roman anglophone, donc du lectorat le plus massif sur terre, avec un marketing très réussi. Harry Potter n'a définitivement plus le charme qu'il avait à mes yeux, surtout en réalisant que son autrice n'a pas inventé grand chose, au final. Que ce soit les créatures fantastiques ou les types de magies, elles existaient déjà. le tour réussi de J.K Rowling est d'avoir fait tenir tout ça ensemble de façon relativement cohérente et d'avoir posé une version positive de la sorcellerie.
J'ai également lu un roman beaucoup plus tard: "L'Île du Crâne", de Anthony Horowitz, qui présente de curieuses similarités avec Harry Potter, mais qui a été écrit AVANT Harry Potter. On y trouve un jeune sorcier de 11 ans, orphelin vivant chez son oncle et sa tante qui le déteste, recevant un jour une lettre qui l'invite à aller se scolariser dans une école mystérieuse. Dans cette école qui tient plus du château, David va se faire deux amies: un jeune rouquin au physique ingrat et une amie brillante qui sait tout sur tout. Ballon de panse de brebis, bateau pour aller sur l'île, professeurs étranges, les éléments nous mènent sur une école de sorcellerie. J'ai vu toute sorte de critiques pour tenter de dissocier les deux œuvres, mais bon, personnellement, je les trouve quand même très similaires. Elle illustre surtout que Rowling n'a pas créer la base de son livre, elle a simplement développer des idées préexistantes. Il est vrai que grâce à elle, des écoles de magie, il y a en a tellement en littérature jeunesse que s'en est rendu banal, parce que les auteurs tentent de recréer le miracle de cette série hyper-rentable.
Reste que Harry Potter a un grand mérite à mes yeux et aux yeux de bien des acteurs de livre: Percer la coquille de préjugés des adultes pour la littérature jeunesse. Beaucoup de gens continuent de penser que la littérature jeunesse est strictement pour les enfants ( fait notable, les ados ( 12-17 ans) et les jeunes adultes ( 17-25 ans) dont dans la littérature jeunesse aussi ), mais c'est simplement une littérature adaptés aux lectorats jeunesse, selon les âges. Cela n'exclut donc pas les adultes.
La série a un autre détail particulier, elle passe de la littérature adolescente des 12-15 ans pour passer progressivement aux jeunes adultes dans les tomes 5-6-7, donc les 17-25 ans. Bien que moult 11 ans la lise, je ne le conseille pas aux plus jeunes, parce que premièrement, il est complexe comme univers, le vocabulaire n'est pas simple et surtout, plus on avance dans les tomes, plus les violences s'exacerbent. Torture physique et psychologique, fascisme, racisme, intimidation, régime totalitaire ultra-violent, on aura l'occasion de voir plusieurs scènes difficiles et sensibles, pas forcément traitables par de jeunes lecteurs. Aussi, la trame narrative connait beaucoup de boucles temporelles et retours dans le temps, le continuum n'est donc pas linéaire. Enfin, les romans sont beaucoup plus complexes que les films, avec un nombre élevé de personnages et plusieurs trames à suivre en même temps.
J'ai un dernier constat à formuler. En fait, dans la littérature anglophone, je constate une variante qui revient souvent: L'enfant martyre, comme le sont les enfants Beaudelaire, Oliver Twist, la princesse Sara, etc. Harry Potter n'y échappe pas. En fait, une fois devenu adulte, je constate que Harry est un cas de DPJ ( protection de la jeunesse) et que les Dursley auraient du être inculpés de négligence, pour ainsi se voir retirer la garde de ce garçon. Je pense à ce placard qu'il a habiter, les restrictions sur la nourriture comme punition, la violence physique menée par Dudldey, les vêtements inadéquats, le fait qu'il semblait ne pas avoir de jouets, etc. Les Dursley ne sont pas juste inadéquats, ils sont mesquins, cruels et négligent. Je veux bien croire qu'ils n'aiment pas les sorciers, est-ce une raison de maltraiter un enfant qui n'a rien demander d'en être un? Et d'un strict point de vue de développement de l,enfant, Harry est anormalement sain d'esprit, alors qu'il aurait sans doute beaucoup plus de stigmates résultant des mauvais traitements et du manque d'amour et de considération vécus. Je remarque qu'en outre, Harry vit du harcèlement scolaire et moral avec le professeur Rogue. Dans les deux cas, le tuteur officieux de Harry, Dumbledore, n'y fait rien. Est-ce que ça aurait été irréaliste de le laisser habiter Poudlard l'été si vraiment c'était une questions de sécurité? Le renvoyer dans une maison marquée par le rejet, la mesquinerie et la négligence était-elle vraiment la seule option? Pourquoi ne pas avoir surveiller davantage cet enfant "Miraculé"? Bref, rétrospectivement, certains éléments de l'histoire auraient mérités une vraisemblance plus marquée et quelque chose pour dénoncer ces comportements malsains venant des adultes à l'endroit d'un enfant.
C'est l'une des saga littéraire jeunesse ayant un potentiel créatif notable encore aujourd'hui, c'est le genre de livre qui peut faire sortir notre potentiel de Lecteur. Bref, Harry Potter continue d'habiter les tablettes des librairies, toujours exagérément chers et offert dans une palette affreusement nombreuses de déclinaisons. On ne sait plus quoi inventer pour faire encore plus d'argent sur cette série, s'en est rendu pathétique. Il n'occupe plus le sommet de mes romans préférés depuis longtemps et comporte même des aspects qui ont quelque peu mal vieillit, comme un certain degré de grossophobie et de racisme. C'est une série qu'on a pas vraiment besoin de parler en librairie car elle se vend toute seule depuis longtemps. Je comprend que son aura persiste, mais à titre personnel, je préfère chercher les œuvres qui pourront nous amener ailleurs, en littérature jeunesse.
Tomes 1-2-3 pour un lectorat ado, 12-15 ans
Tome 4-5 pour lectorat ado avancé, 15-17 ans
Tomes 6-7 pour lectorat jeune adulte, 17 ans+