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le 6 août 2013
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Parce que je connais moins la peinture de la fin du XIXe siècle que la littérature de la même époque, j’hésite rarement quand je trouve un livre d’occasion sur le sujet. Peut-être parce que j’aime tout de même mieux la littérature que la peinture, j’aime bien Gustave Moreau. En tout cas, c’est ce que je me suis dit en lisant, au détour d’une page que la « part de modernité » de sa peinture « se fonde sur le rapport de Moreau au littéraire, dimension généralement honnie par ses détracteurs aux XIXe et XXe siècles » (p. 73-74).
En dehors du fait que le lecteur chanceux y trouvera peut-être ainsi des passages qui s’appliquent à son cas, Hélène de Troie. La Beauté en majesté, comme tous les bons catalogues d’exposition, supplée assez bien à la visite que par ailleurs il complète. Malgré quelques redites (souvent le cas dans les livres hors fiction écrits à plusieurs mains), tout est clair pour un lecteur qui connaît les grandes lignes de ses classiques (« La parenté entre l’Hélène du Salon de 1880 et les tragédies de Racine nous semble devoir être évoquée. La passion, la mort, la tragédie déjà accomplie : tout y est », p. 18).
L’ouvrage porte avant tout sur Hélène à la porte Scée (1888), quoique Moreau ait peint la captive de Pâris pour une demi-douzaine d’autres œuvres achevées, dont un tableau de 1880 dont on a perdu la trace, et diverses esquisses. Le personnage est principalement traité sous l’angle du rapport entre le mythe littéraire (Homère, les tragiques grecs, et de façon moins attendue Goethe) et la représentation picturale. Proposer un aperçu des diverses condamnations et réhabilitations dont Hélène a fait l’objet n’est pas le moindre mérite de ce catalogue.
J’imagine bien que des connaisseurs du peintre n’apprendront pas grand-chose de cet ouvrage. Mais, d’une part, pour un lecteur profane, les illustrations sont nombreuses et le livre plutôt chouette, plus maniable que pas mal de livres d’art – ça compte. D’autre part, quand on ne connaissait de Moreau que ses Salomé et un Sphinx, il n’est pas inintéressant de mettre des mots sur ce qu’on pressentait (ainsi « le principe créatif cher à Gustave Moreau, à savoir la “revisitation” jusqu’à l’envoûtement d’un même thème », p. 19) ou tout simplement d’apprendre des choses – par exemple qu’« En refusant la précision archéologique pour mieux de se fier à sa seule imagination poétique, Moreau se positionne comme “un évocateur de l’Âme antique” faisant fi de la fidélité historique au profit de la logique du sentiment, même si celle-ci doit se fonder sur l’anachronisme pour correspondre à sa conception du sujet » (p. 55).
Dans Hélène à la porte Scée, la princesse troyenne de Moreau est blanche. Si blanche qu’elle n’a pas de visage.
P.S. explicatif quant au titre de cette critique : Par manque total d’inspiration, j’ai demandé à l’IA de Google de me proposer des jeux de mots à partir du prénom Hélène. C’était terrifiant. Tant qu’à faire, j’ai donc recyclé une de ces devinettes qui arrachent des soupirs de pitié aux adolescents à qui un adulte les raconte.
Créée
le 31 juil. 2026
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