"James" est l'histoire du Noir appelé Jim qui croise parfois la route du gamin Huckleberry Finn, mais de son point de vue à lui, celui d'un esclave né trop tôt et trop au sud.
Réécriture ou récriture, peu importe.. En fin de compte, les moments où Jim croise Huck sont mineurs et servent surtout de jalons à la fuite éperdue du héros narrateur. Ce qui importe, c'est le regard que pose cet être réellement humain sur les barbares blancs qui l'ont réduit en esclavage. Parce qu'il est temps de dire haut et fort que c'est bien ce qu'est la "race" blanche: la plus sauvage, la plus féroce, la plus violente de toutes les couleurs de peau qui ait jamais arpenté la Terre, celle qui a répandu le plus de sang, de souffrance et de misère.
Malgré toutes les raisons qui pourraient le pousser à devenir comme ses ennemis, James restera-t-il humain jusqu'au bout?
Il est temps que Percival Everett (qui m'avait fait hurler de rire avec son roman Not Sidney Poitier) soit reconnu comme le très grand écrivain qu'il est.
(Et bon courage au futur traducteur ou à la future traductrice pour adapter les dialogues en "petit-nègre", le parler qu'adoptent les Noirs en présence des Blancs pour leur faire croire qu'ils sont stupides; le défi est de haut niveau.)