Merde. J’aime pas trop afficher en public quand j’aime pas un livre. Mon but dans la vie c’est pas de descendre des raconteur.euses d’histoires sauf quand c’est carrément indécemment tarte (mais je te jure je fais des gros efforts de l’abnégation). Anyways, Je suis les ténèbres n’est pas tarte, c’est juste que.
Il souffre des publications aux multiples talents qui sont sorties avant lui (je vais pas trop crâner, j’en ai lu qu’une et c’était ce magnifique Ténèbre - au singulier - de Paul Kawkzak, qui est toujours dispo à La Peuplade et que je trouve moins joli en J’ai Lu).
J’ai jamais lu Conrad, Au Coeur des Ténèbres ça me parle pas, et l’enfer de la jungle je la lis plutôt en Amérique du Sud, où là aussi l’européen a fait des ravages génocidaires pour qu’on puisse avoir du caoutchouc un peu partout.
Alors voilà, je trouve que Je suis les ténèbres est bien écrit, mais son personnage (un ancien anar’ reconverti en officier colonialiste parce qu’il est tombé amoureux d’une fille - WTF boy ? t’es sérieux ? - est missionné par le roi Léopold pour rendre compte de la situation au Congo, mais surtout de piller autant que possible les réserves d’ivoire afin d’enrichir la Belgique (non).
Ok, c’est une descente aux Enfers, ok on se prend en pleine gueule un des premiers rouages de la mondialisation à travers la colonisation et l’esclavagisme, mais je vous jure, j’ai eu l’impression de lire des lignes les unes à la suite des autres sans que ça me touche plus que ça. Jaime me réfugier dans la lecture aussi complexe ou divertissante soit-elle, et là ben … je trouve pas grand chose à dire à part que j’ai perdu du temps. Non pas parce que c’est nul mais parce que y’a beaucoup mieux sur le sujet, et je pense pas que d’auréoler ce roman comme une écriture de Conrad soit bénéfique pour le coup.
Dézo, j’ai rien contre toi Joseph Denize, et en plus il paraît que ton précédent - Quand on parle du Diable - est génial, alors à charge de revanche sur celui d’avant minou, deal ?