Qui peut détester Carrie Fisher ?


Personne !


Elle est un peu à cette période fin 70-années 80 ce qu'Audrey Hebpurn a été aux années 1960 : une actrice qui s'est efforcée de coller à ses rôles, à ne pas décevoir ses fans.


Je n'ai toujours pas lu ses deux autobiographies précédentes, qui n'ont pas été traduites en français, sauf erreur (Wishful drinking, où elle parle de son addiction). Cet ouvrage n'est pas innocent au niveau commercial : Carrie Fisher l'a publié en 2015, alors que les pigeo.. fans attendaient encore quelque chose de la postlogie de J. J. Abrams. Avec un argument de vente porteur : Carrie Fisher révèle qu'elle a eu, pendant le tournage de l'épisode fondateur de la saga, une aventure avec Harrisson Ford. Qui avait une quinzaine d'années de plus qu'elle (âgée de 19 ans), la stressait énormément par son côté mutique, et surtout était à l'époque marié.


La partie centrale du livre inclut la retranscription de carnets de l'époque que Fisher a retrouvés. Il ne s'agit pas, contrairement à ce que dit le titre, d'un journal qui retranscrirait jour après jour le tournage, mais de réflexions/poèmes lancés à la volée pour faire face à des poussées d'angoisse. L'écriture en est donc intense, mais pas travaillée. Avec des vannes et des pirouettes au fonds sans grande profondeur. Une écriture-pharmakon qui joue un rôle bien plus cathartique qu'analytique.


Et c'est en fait le cas de tout le livre. N'en attendez pas, d'ailleurs, des réflexions qui donneraient un tableau synthétique de ce que fut le tournage du premier Star wars. Il s'agit bien plus de l'état mental de Fisher, avant, pendant, après. Avec toute cette mauvaise conscience anglo-saxonne protestante autour de l'adultère. Les pauvres.


Le style de Carrie Fisher est assez parlé, avec des ruptures de ton étranges et baroques, qui peuvent interrompre une réflexion pour placer une vanne qui peut aller de la référence littéraire classe à celle pour des pubs ou des shows télés débiles. Elle garde quelque chose de désarmant par son côté girl-next-door, en fait.

- C'était en 1976 : pose rapidement le décor par des faits qui se sont passés cette année-là.

- La vie avant Leia : revient sur les parents de Fisher (la fin de carrière à Las Vegas de sa mère Debbie Reynolds, le scandale de l'abandon de son père, Eddie Fisher, qui abandonne sa mère pour Liz Taylor. Ses débuts au cinéma avec Warren Beatty.


- Suspendue par les pieds, à l'envers, avec les yeux jaunes : Le récit de l'audition conjointe devant De Palma et Lucas, la joie d'être sélectionnée. Le départ pour l'Angleterre.


- Les chignons de Navarone : l'histoire du choix de la coiffure, le début du tournage.


- Carrisson : L'idylle avec Ford. Ce chapitre est le plus personnel et le plus travaillé. Avec la fameuse histoire de Ford qui sauve Fisher d'une soirée où des techniciens veulent la saouler, mais pour mieux l'embrasser à l'arrière de sa voiture à lui. Son béguin, la souffrance que génère cette situation fausse, qu'ils cachent à tous. On peut sentir aussi comment la carrière fulgurante d'Harrisson Ford, contrairement à celle de Fisher qui ne s'est jamais remise de Star Wars, a dû en creux faire souffrir cette dernière.


- Notes dans sa périphérie ou le martyre désinvolte : Ce sont les extraits de carnets. Ce qui est intéressant, c'est qu'il est fort peu question de Star Wars, qui a l'époque s'annonce comme un film obscur et sympathique. On mesure en creux la surprise qu'a dû créer le succès planétaire.


- Quarante ans plus tard : sur le fait qu'elle s'est efforcée de prendre du recul sur cette période. Mais éprouve tout de même le besoin d'en parler.


- Des êtres lumineux nous étions : Sur le succès planétaire de Star Wars, les tournées promos.


- Le lap dance de Leia : Sur la manière dont Fisher a fini par accepter l'amour des fans sans restriction. Y compris ceux qui se sont branlés sur ses photos en golden bikini. y compris ce que ça fait, de signer des photos de soi éternellement jeune, quand les ans vous ont fait subir leurs outrages. Par "lap dance", Fisher désigne ses séances de dédicace photo payantes en convention, qui l'aident à surmonter ses difficultés financières après avoir été victime d'un escroc.


- Sensation collatérale : Maudit-elle ce rôle qui s'est confondu avec son existence ? Maudit-elle le golden bikini ?

zardoz6704
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le 10 janv. 2026

Modifiée

le 10 janv. 2026

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