Il y a vraiment de la matière littéraire et réflexive dans ce livre, au contraire de ce qu'il est bon ton de dire sur Nabe: superficialité, provocation vide, médiocrité, tout cela est magnifiquement absent d'un ouvrage qui aligne admirablement, tout le long d'un monologue fiévreux de 133 pages, des réflexions certes iconoclastes - en vérité, à faire frémir le croyant le plus bienveillant - mais diablement intéressantes. Certes, Nabe a choisi d'être chrétien à la façon des chrétiens maudits qu'il admire (Bloy, Bernanos, etc. ...) plus qu'à la façon du Christ lui-même, et cela il l'avoue. Et il faut prendre avec un mépris compréhensif cette faiblesse baroque de sa foi: être chrétien ne l'intéresse pas tant qu'être écrivain en plein délire mystique, un vrai Voyage au bout de l'hostie. A ce compte, le final à Jerusalem est une incontestable réussite: c'est proprement le fils bâtard et replet de vulgarité maîtrisée d'un Céline ayant copulé avec Hunter Thompson qui déambule au pas de course dans les rues de la cité Sainte, et le mauvais gout de la chose fait partie du programme, ceux qui ne l'ont pas compris ont perdu leur temps.
RomainPETER
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Créée

le 23 mai 2013

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