Cette saga, celle des Rougon Macquart touche à sa fin, le 18ème de 20 romans. Et avec un des personnages les plus récurrents de tous. Voire le plus récurrent. Aristide Saccard aka Aristide Rougon.
Zola, comme d'habitude, explore un nouveau milieu de la France de l'époque, celle du 2nd empire. Cette fois, la finance parisienne. On vient souvent à Paris, dans les Rougon Macquart : on y explore le pouvoir politique, le prolétariat, les grands travaux, le monde de la bouffe. Maintenant, c'est la finance. Avec Saccard, un sacré bonhomme, dépourvu d'empathie, tourné vers l'amas de richesse et pas vers ses conséquences (même à ses dépens), et une capacité manipulatoire qui force le dégoût.
A l'époque en Europe, on s'industrialise à marche forcée, on colonise à qui mieux mieux, on guerroie, et pour tout ça, il faut de la thune. Même celle qui n'existe pas, celle qui est spéculative. Et Saccard a bien compris ça, avec sa Banque Universelle, château de sable reposant sur la confiance. Et de toute façon, la finance, ça n'est rien d'autre que ça : donner confiance, avoir confiance, faire croire qu'on fait confiance, et partir au bon moment. Mais par principe, si des gens partent au bon moment, ils sont minoritaires. Le cassage de gueule est garanti pour une majorité.
Zola nous décrit de façon de façon très précise ce phénomène de confiance, de boule de neige, de bulle spéculative (ça ne s'appelait sans doute pas comme ça à l'époque). En évoquant, non seulement ces fameux milieux d'affaires - on pourrait d'ailleurs s'interroger sur la façon dont les juifs y sont dépeints - mais aussi les journalistes véreux, les aristocrates qui n'y connaissent rien, et le pouvoir politique, jamais très loin (mais quand même en sourdine dans cet opus).
Bon, le phénomène est désormais connu, mais Zola est peut-être un des premiers romanciers français à s'y être collé, et de façon sérieuse. Trop sérieuse, presque. Comme d'habitude, chez Zola, la vie est un drame, et donc, les vies sont un drame. Certes, il y a ce couple qui s'aime et qui passe entre les gouttes, mais c'est peu dire qu'il n'a pas le premier rôle. Et puis, il y a une forme de manichéisme qu'il n'est pas le premier à mettre en scène, mais qui peut parfois être lassant dans ce tome.
Pas inintéressant, mais quand même un roman qui nécessite une certaine endurance que je n'ai pas tout le temps.