Il aura fallu ce mois de juillet perdue dans les montagnes cévenoles pour découvrir L'art de la joie de Goliarda Sapienza. Lourd de plusieurs centaines de pages, mes réticences n'étaient pas fondées. On plonge dans la vie de Modesta dès les premières pages, violences et insouciance. Elle ne connait rien de la vie mais elle apprend, c'est le roman de la curiosité. Et surtout une poésie perpétuelle. Souffle de liberté, écrit entre 1967 et 1976, cette fresque bouleverse, transgresse. Elle remue notre vision du monde, elle s'éprend de l'histoire, de la politique, du climat de la Sicile et de l'Italie sous les années fascistes. Elle est surtout radicale dans ce qu'elle livre des sexualités, des possibles et de l'autonomie.
Fascinant donc, roman qui inspire et qui porte un regard poétique au monde. La suite des œuvres de Goliarda Sapienza est dans une lignée similaire mais L'art de la joie dépasse tout, tant il est exaltant.