Malheureusement, si l'écriture (et l'humour) de Barjavel reste à un niveau élevé à ce stade de sa vie, ce roman qui est l'un de ses derniers souffre un peu son âge. Il n'apporte, à mon sens, qu'une vision assez chaotique de la légende arthurienne, notamment à cause du très grand nombre de personnages qui s'entrecroisent, et parfois de l'aspect très similaire de leur caractères, qui les rends un peu interchangeables au long du récit.
Si certains passages plein de poésies restent en tête, le reste du roman parait un peu surané aujourd'hui, certaines ficelles sont un peu grosses, et le personnage central, Merlin, n'est pas suffisamment exploré. Pour un roman de Barjavel, nous aurions pu nous attendre à plus de profondeur explicative, plus proche du type de fiction pour lesquelles on aime son jusqu'au-boutisme et son sens du grotesque. Ici, peu de tentative d'explication, on se repose plutôt sur une poésie assez évasive pour nous faire part des enjeux de notre héros. D'ailleurs ce sera un héros assez planqué finalement, qui n'occupe qu'une maigre part du récit en pointillé derrière la foule de personnages de la légende.
Une vraie déception pour moi, mais je comprends tout à fait que ce livre plaise à beaucoup de monde. Je préfère mon Barjavel de science fiction, assurément.