(...) Alors 60 ans d’attente, c’est beaucoup, peut-être même trop pour pouvoir aujourd’hui le considérer après une première lecture comme un chef d’oeuvre du genre fantasy, statut qu’il n’aurait sans nul doute eu aucun mal à atteindre s’il avait été lu à l’époque de son écriture (et statut qu’il détient d’ailleurs depuis lors chez les anglo-saxons), au vu de tout ce qui est arrivé après lui. Pour autant, impossible de nier le poids de ce roman sur la production qui a suivi. Tout à la fois épique, tragique, héroïque, sombre, violent et poétique, au style caractéristique des sagas nordiques superbement traduit par Jean-Daniel Brèque, « L’épée brisée » est donc un incontournable du genre, un roman qui a marqué son époque, et même bien plus que cela : qui a influencé le genre dans son entier. Et moi, j’ai bien envie de poursuivre dans cette veine, et de plonger de plus belle dans la mythologie scandinave, avec par exemple la lecture de « L’Edda », ou bien dans un genre plus romancé, « La saga de Hrolf Kraki », toujours de Poul Anderson, ou « Eric aux yeux brillants » de Henry Rider Haggard.