Le seul personnage intéressant ici c'est bien entendu le Prince mais aussi Rogojine. Là où le prince sort tout droit d'un paradis dans ce sens où il n'y a peu (pas) de trace du péché en lui, Rogojine en est son antithèse. Là où le prince sacrifie sa vie par Amour pour autrui, l'amour de rogojine c'est l'amour sans majuscule, il est amoureux mais c'est pour lui, il veut posséder par amour. J'ai bien aimé cette distinction entre les deux. Là où le prince c'est le flux de paroles et même flux de paroles confus et illogique quand il est sous le coup de l'émotion (et c'est parfois vraiment très beau et parfois vraiment très chiant), Rogojine c'est le regard qui lance des éclairs. Rogojine il achète avec son héritage l'amour de Nastassia, le prince lui il donne sa vie.
Certaines pensées de l'auteur aussi sont intéressantes, j'en garde une (sur 900 pages c'est vraiment lamentable), l'interprétation du tableau du Christ mort (ironiquement placé dans la chambre de Rogojine) et que la contemplation de ce christ pouvait retiré la foi à tout le monde. Qu'imaginer que les apôtres aient pu assister à cela et aient tout de même persévéré dans leur foi serait miraculeux, tout simplement. Enfin j'aurais aimé que l'auteur développe le sujet de l'épilepsie (Dostoïevski étant lui même épileptique), la situation de bien être et de clame absolu précédant les secondes de la crise est assez intéressant pour qu'on s'y arrête plus que une seule fois (dernier chapitre de la première partie).
L'idiot de Dostoïevski me fait penser à ces mets qui sont jolis et appétants, qui donnent toute leur saveur rien qu'en les regardant mais qui, une fois en bouche, sont décévants ou bien écoeurants. Le roman est clairement trop long, on dirait un feuilleton à la Dallas et toutes ces petites histoires superflues traitent mal le sujet fort intrigant du roman.