L'immoraliste est un livre très prenant, très facile à lire.
Le style de André Gide est fait de courtes phrases concises. Cel n'est pas sans me déplaîre, mais j'avoue m'être retrouvé décontenancé par cette rythmique proche d'un ricochet rapide. L'auteur choisit ses mots intelligemment et c'est avec beaucoup de joie que je constate qu'il évite le vocabulaire pédant. Des mots simples pour une histoire simple.
En creusant la forme, on s'aperçoit que le bougre est un dévoreur de philosophie. Les idées fusent tant qu'on ne se sent un peu perdu. On parle d'épicurisme, de capitalisme, de matérialisme... tant de sujets qu'on se demande si l'auteur n'aurait pas dû en choisir un pour l'approfondir. De même que cette immoralisme déçoit. Personnellement je n'en ai pas vu ; l'immoralisme sous entend une certaine conscience de cet état de fait, et si notre héros agit de façon immorale, c'est sans jamais sans douter. En fait, il s'agit plus d'égoïsme que d'immoralisme, même si l'un peut tendre vers l'autre.
Quant à la fin, elle m'a déçu. Certes, il y a conclusion d'une vie, il y a aussi une belle évolution... quoique! finalement Michel est resté lui-même : il ne sait pas où il va, tel un électron libre, il n'a juste plus de passe temps pour simuler un but. Disons que j'aurais aimé quelques pages en plus pour décortiquer la conclusion.
Malgré tous ces défauts cités, le livre reste un très bon divertissement où l'on aborde plusieurs grandes questions philosophiques, où il y a une histoire parsemée de péripéties, se terminant sur une conclusion suffisante pour ne pas frustrer le lecteur. Ca reste donc une oeuvre très intéressante.