Ce récit journalistique de Louis Witter, au coeur de la "jungle" de Calais où il constate la stratégie mortifère du "zéro point de fixation", c'est-à-dire le fait de déloger tous les deux jours les pauvres hères, fatigués et perdus, qui tentent leur chance de survie en allant en Angleterre, ce récit glaçant des conditions inhumaines assumées par l'Etat français pour faire plaisir aux Anglais (qui n'en demandaient pas tant), ce récit puissant de l'appareil policier face aux migrants et aux réfugiés provoque un malaise tenace, une gêne coupable et nous révolte profondément. On laisse donc faire ça, là, à Calais, Grande Synthe ou Coquelle? C'est tout ce qu'on a trouvé en France pour accueillir et réguler l'immigration? Bravo les mecs. On sort clairement abattu de ce témoignage.
Pas très agréable mais nécessaire. Merci Louis Witter.