Hier soir, j'ai revisionné The Faculty de Robert Rodriguez, et lorsque le personnage de Stokely évoque L'Invasion des profanateurs de sépultures de Finney et Marionnettes humaines de Heinlein, je me suis demandé qui était le précurseur de la paranoïa de l'envahisseur : "Si t'avais le projet de conquérir le monde, tu ferais sauter la Maison Blanche façon Independence Day, ou tu préférerais te glisser par la porte de service ?" (Casey). Cette réflexion m'a amenée à penser au film de Carpenter et à la nouvelle qui n'a pas pris une ride. Et si l'envahisseur passait tranquillou depuis le fin fond de l'antarctique?
La Chose, précurseur des récits de body snatchers, ne se limite pas à un simple roman de monstre. Au contraire, il se déploie comme une plongée dérangeante dans les recoins les plus sombres de notre humanité et de notre capacité à faire confiance. Ambiance paranoïaque, suspicion, fourberie, tension... Qui parmi nous reste vraiment humain quand la menace peut se cacher sous n'importe quelle apparence ? Que ce soit par le biais de parasites (Marionnettes humaines, Troupe 52), d'extraterrestres (Invasion des Profanateurs, The Faculty), de démons (Outcast), de spores extraterrestres (La Chose) ou de doppelgangers (Us de Jordan Peele, Dylan Dog : La Maison Double), l'inquiétude reste la même : qui sommes-nous lorsque notre apparence est subtilisée? Ainsi, l'horreur ne réside pas seulement dans la perte de notre corps, mais dans la fragilité de notre identité.