"Il est des plaies qui, pareilles à la lèpre, rongent l'âme, lentement, dans la solitude. Ce sont là des maux dont on ne peut s'ouvrir à personne."
Ces deux phrases de l'incipit sont non seulement à l'image du roman mais aussi à l'image de son auteur qui finira par se suicider suite à une dépression.
Sadegh Hedayat nous un livre un roman dérangeant, une plongée dans la folie.
La chouette aveugle est divisée en deux parties. La première partie sous des vapeurs d'opium, le narrateur fait face à la présence fantomatique d'une femme, qu'il assimile à une turkmène, puis de son cadavre. Il est enfermé avec elle. Le lecteur assiste à une dégradation de l'état psychique du narrateur. Toujours plus isolé du reste de l'humanité. Une première partie marquée par le surréalisme.
Dans la deuxième partie, c'est le réveil, le retour dans la réalité, une réalité qu'il déteste, notamment les gens normaux dont il est entouré dans sa ville. On retrouve la présence d'une femme, dont la description physique est identique à la première partie. Sa femme qu'il finit par surnommer "la garce", la haïr, encore plus après avoir appris qu'elle était enceinte, mais pas de lui. S'en suit l'escalade.
Mais, après la lecture de ce roman, le récit du narrateur n'était-il que les hallucinations d'un opiomane?