Il y a quelque chose de profondément déroutant dans « La chute » de Camus. D’abord, le livre prend la forme d’un long monologue, autour de ce personnage assez étrange ; Clamence, avocat parisien en exil à Amsterdam, personnage ni aimable ni tout à fait détestable, une sorte de coquille vide qu’il s’agira de remplir et dans lequel le lecteur pourra projeter ses propres vices.En effet, le récit empreinte une double trajectoire, d’une part le lecteur jugeant Clamence, sa lâcheté comme la vacuité de son existence et de l’autre Clamence qui, se jugeant, juge toute l’humanité en même temps.« La chute » souffre un peu de l’écueil qui guette la littérature camusienne, les personnages semblent parfois être les véhicules des idées abstraites de son auteur.Pour autant, le livre a ce « je ne sais quoi »qui donne au lecteur l’envie d’y replonger.