Révolutionnaire comme tout le monde, Simone Weil est l’emblème d’une génération qui a organisé sa propre impuissance face au fascisme. La vérité est duale (un se divise en deux a dit l’autre et vice versa), il s’agit de choisir son camp sans scrupule. Se dire de gauche en 1930 en opposant à l’histoire matérialiste la souffrance éternelle est une vilaine affaire. Que l'ouvrier porte son « attention » vers le ciel et non sur l’établi car il n’y a personne derrière !! Pour paraphraser Clement Marot, le beau printemps révolutionnaire de Mme Weil a fait le saut par la fenêtre de l’histoire et s’est retrouvé ridé dans un monastère à entasser des épîtres naïves pour la bonne société française. Elle les digère depuis dans ses programmes scolaires pour épargner à ses rejetons d’avoir à penser un monde dépolitisé où « la souffrance est enrobée de poésie ». À la vôtre.