La coureuse est le récit freudien d’une féministe névropathe sur près de 300 pages… autant le dire de suite, les vagissements introspectifs de cette nana à côté de ses pompes sur une telle longueur (freudien, on vous dit) sont souvent pénibles à lire.
Pénibles par leur répétition, car c’est toujours la même rengaine d’une chienne de garde qui a les crocs pour les hommes, une faim inextinguible à leur égard et en même temps une crise de collectionnite chronique de la gente masculine comme autant de trophées que la « chasseuse sexperte » (comme elle aime à se définir) se doit de rapporter à la maison (pas plus de 2 ans avec un mec, maximum !).
Ainsi, il s’agit ni plus ni moins du pendant féminin de Casanova, une Casanovetta en somme, ou de Don Juan, une Don Juanita tout aussi malade que son alter ego du « sexe fort ». Cela étant précisé, ces divagations très personnelles ressassées comme aux séances chez le psy sont de temps à autre assez drôles, car notre Maya l’abeille butineuse est incroyablement aigrie, dégoûtée du monde, de sa vie… et des hommes. Et de sa condition même de membre du « sexe faible » !
A tel point que l’on se demande s’il s’agit de second ou troisième degré ou d’une forme d’humour autoflagellant qui s’ignore. Car en vérité, si elle collectionne les gugus, c’est juste pour ça : les collectionner. On doit néanmoins lui reconnaître une franchise certaine alors que les coureurs de jupons susnommés appelaient ça, de « l’amour » et enrobaient tout cela très poétiquement.
Ici cependant, à part quelques formules qui font mouche, tout droit sorties d’un blog ou d’une page Facebook, c’est tout le contraire puisque le bouquin entier est un article de magazine féminin plus ou moins ‘branché’, ce qui implique un style épouvantable tout au présent de l’indicatif, bourré d’anglicismes ou de mots anglais, bref toute la façon assez terrifiante de s’exprimer sur les réseaux sociaux (de merde).
Cela n’est pas complètement négatif -bien que ce soit fatigant- car sa façon de parler de cul sans tomber dans la vulgarité ni un érotisme suranné de bas étage est tout à fait appréciable et toujours aussi franche (encore de stupéfiantes doses de dépit, cette abeille ne s’arrête jamais…).
Forcément, lorsqu’elle rencontre dès le début son grand Danois de 6 ans son cadet et qu’elle tombe amoureuse, on se doute un peu de comment tout cela va finir… et notre « coureuse » de dépeindre alors avec une cinglante ironie l’esclavage que constitue toute vie en couple tandis que la féministe paniquée (mais si un petit peu quand même) hésite entre sa liberté et son amour fou.
Le plus drôle finalement, c’est lorsque son grand prince danois pas toujours très charmant lui fait remarquer qu’elle a un gros cul et qu’elle transpire… notre féministe s’en trouve traumatisée au dernier degré, ce qui ne fait qu’accroître sa croisade contre les hommes qu’elle déteste autant.
Voilà donc un pensum plein d’aigreur féministe, parfois drôle, souvent balourd (comme les fesses de notre coureuse) et dont le style est un sérieux handicap : en fait, un seul article (ou plusieurs ?) aurait suffi, très chère.