Je m'approche de lui, l'attrape par le col et lui dit :
- Je vais exterminer toute ta communauté, tu seras spectateur, mais tu ne pourras rien faire ni rien dire.
- Nonnnn, tu n'as pas le droit de faire ça.
- J'ai tous les droits, j'ai étais trop laxiste et voilà où ça nous mène.




La luciole, notre lumière



Après "Le variant Nekros" et "La Horde et l'Alliance", on déterre de nouveau nos bien-aimés zombies avec « La Destruction », de l'auteur Mikael Rogard, qui se met lui-même en scène dans la peau d'un survivaliste essayant d'imposer sa communauté au sein d'un univers apocalyptique. Un monde essoré de son humanité après le passage du coronavirus : "Nekros". Un variant terriblement pugnace et vicieux qui va obliger le pouvoir politique en place à confectionner avec empressement un vaccin. Une protection immunitaire qui va s'avérer être l'élément déclencheur de la chute de l'humanité. Une résultante due à des effets secondaires ravageurs qui vont faire des vaccinés des morts-vivants. Avec ce troisième tome, Rogard livre une science-fiction fantastique horrifique de survie, mettant en avant l'aspect humain à travers les témoignages de personnes tentant de survivre à ce nouveau monde. Perdre son humanité en devenant un mort-vivant, ou bien conserver son humanité en devenant un monstre qui s'en prend volontairement à son prochain pour survivre. En sommes, y laisser quoiqu'il arrive son humanité. Tel est le prix à payer pour espérer survivre. En témoigne, les différents personnages abordés qui constituent des points de vues essentielles au basculement de cette humanité. Des protagonistes pour beaucoup caricaturaux, auxquels il a du mal à apporter de la nuance et du caractère. Un manque de singularité heureusement rattrapé par le biais d'autres personnages qui offrent une psychologie bien plus dense et intéressante.


À travers eux, l'auteur parvient à plutôt bien décrire la monstruosité qui peut ressortir des survivants lorsqu'ils sont confrontés à des situations extrêmes. Mika en est le parfait représentant. Radical dans ses prises de position, il ne cesse de diriger d'une poigne de fer les habitants de sa communauté dans l'espoir de leur offrir un semblant de sécurité. Il n'hésite pas à se salir les mains pour le bien des siens. Un personnage qu'il n'est pas toujours facile de suivre dans ses prises de positions. D'un chapitre à l'autre, il ne cesse de surprendre le lecteur que ce soit en mal ou en bien. Un personnage loin de laisser indifférent. Si jusqu'à présent les adversaires lui faisant face faisaient pâle figure en comparaison de lui, Mika va trouver un adversaire de taille auprès d'Alaric. Alaric alias "Maître", un personnage un peu dérangé sur les bords, chef d'une communauté essayant de survivre au monde diabolique des morts-vivants. Si dans un premier temps un accord d'alliance entre Mika et Alaric se projette, la différence entre les deux hommes vient à les confronter. Un affrontement captivant, malgré une conclusion un brin décevante. En effet, Alaric connaît une résultante un peu trop similaire à celle de "Negan" dans « The Walking Dead ». Une impression de déjà-vu un peu trop présente.



Je prends donc le temps de fumer ma cigarette en restant fixé sur le corps de l'homme. Je savais pourquoi je ne voulais pas faire sortir cette part sombre de moi... C'est une vraie boucherie que je viens de faire... J'ai perdu le contrôle...



Une construction dramatique qui s'inscrit dans une vision usuelle et traditionnelle du récit de zombie qu'on a eu maintes fois l'habitude de voir ou de lire. Découle une lecture qui n'est jamais réellement innovante dans son propos. Et pourtant, le divertissement reste présent. Dès le début de l'apparition de l'infection jusqu'à ce troisième volume, le récit a le mérite de vite avancer tout en brassant beaucoup d'éléments. Si bien, qu'on ne s'ennuie jamais. À défaut de dépoussiérer un genre sur-représenté, Rogard fait immerger des petites idées "plus ou moins originales" autour des zombies avec plusieurs races : les « primaires », les « coureurs », et les « nouveaux morts ». Des morts-vivants qui ne peuvent être tués qu'à distance. Ils esquivent tous les coups au corps-à-corps. Ils ont les yeux jaunes et le sang rouge vif éclatant. Des morts qui évoluent et qui s'adaptent toujours mieux à l'environnement hostile pour devenir des menaces importantes pour les vivants. On retrouve d'autres bonnes idées autour des moyens mis en œuvre pour tenter de survivre à cette pandémie. Des ressources opérées à travers des raids, qui de roman en roman constituent des phases importantes pour l'auteur. En ressort un cadre réaliste avec des humains qui essayent de survivre à la propagation du virus, non pas qu'en affrontant des contaminés, mais en se confrontant aux besoins matériels vitaux servants à alimenter une communauté entière. Cela donne lieu à des stratégies d'approvisionnement et des déplacements dans la région qui offre une dimension géopolitique très intéressante.


Un livre construit autour de neuf chapitres qui propose des bonnes thématiques, des moins bonnes, des moments tendus, et d'autres qui s'embourbent, mais globalement ça reste très positif. L'ambiance est une réussite ! Elle facilite sur le lecteur une réelle emprise avec des rebondissements qui s'enchaînent à coup de trahisons, de prises de décisions irréversibles, de rodéos mécaniques, ou encore de nombreux cadavres. Les morts-vivants sont plus inquiétants que jamais, jouant pleinement le rôle des oppresseurs. Ils apportent beaucoup de tension et se dressent comme une menace beaucoup plus présente avec laquelle l'auteur pourra davantage jouer dans les prochains tomes. Enfin, pour la première fois un roman se termine de manière positive. Entre la venue au monde du premier né, ainsi qu'un grand repas jovial durant lequel la communauté semble heureuse. Une bouffée d'oxygène qui fait du bien, jusqu'à l'arrivée d'un élément extérieur venant troubler ce petit moment de paix. C'est ainsi que nous finissons l'aventure, sur un dernier mot laissant entrevoir des nouvelles perturbations pour la communauté de Mika. Une fin qui donne envie de poursuivre cette aventure horrifique apocalyptique qui promet j'en suis sûr, encore beaucoup de mordant.



CONCLUSION :



« La Destruction », troisième tome de la saga "Le variant Nekros" de l'auteur Mikael Rogard, est une science-fiction de survie horrifique post-apocalyptique implacable. Un roman divertissant, qui sans être parfait, ne rechigne pas à rendre un périple cauchemardesque suffisamment prenant pour passer un petit moment de lecture appréciable.


Un périple explosif qui promet quelques moments haletants.




  • Chapitre 1 : Fin de la construction.

  • Chapitre 2 : Un rappel à l'ordre.

  • Chapitre 3 : En prévision de l'hiver.

  • Chapitre 4 : Je ne veux pas mourir ici...

  • Chapitre 5 : La fin d'une amitié de longue date.

  • Chapitre 6 : Un avant-poste manque à l'appel.

  • Chapitre 7 : La patience paie toujours.

  • Chapitre 8 : Il faut nourrir les morts.

  • Chapitre 9 : Une nouvelle qui change tout.


B_Jérémy
7
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Créée

le 20 janv. 2023

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