Essai court et efficace sur le sujet du consentement sexuel qui a récemment secoué le débat publique et législatif européen.
Clara Serra replace les origines de ce débat dans le contexte des controverses féministes sur le sexe de la seconde moitié du vingtième siècle, qui opposa des théoristes telles que Catharine MacKinnon qui considérait le consentement comme matériellement impossible au vu de la domination masculine sur les femmes, à des penseuses plus libérales qui considéraient le consentement comme une forme de contrat ratifié par un simple "oui".
Serra utilise ces deux tendances intellectuelles pour définir le consentement, qu'elle distingue du désir. Suivant les écrits de Judith Butler considérant que le consentement doit toujours être placé dans un contexte précis. Ainsi, ce n'est pas un "oui" ou un "non" qui constitue le consentement mais bien la possibilité de prononcer ces intentions à n'importe quel moment. Elle s'inquiète notamment des lois qui stipuleraient que "seul un oui est un oui" car celles-ci donnerai un pouvoir considérable à l'État de définir ce qui constitue le "bon" et le "mauvais" sexe, qui selon elle, serait plus dommageable qu'un manque de clarté législative.
En conséquent, l'autrice plaide pour le droit de ne pas savoir et d'explorer nos désirs en dehors d'un cadre légal. De même, elle tire la sonnette d'alarme sur le piège du féminisme carcéral, qui non seulement n'aide pas les femmes mais blesse aussi les populations les plus marginalisées.