Parce qu'elle avait publié "l'imaginaire de la commune", Kristin Ross fut invitée en 2016 à la ZAD de Notre-Dame des Landes pour y nourrir les réflexions sur les manières d'habiter les lieux de résistance. Sa collaboration avec le collectif Mauvaise Troupe fit émerger la notion de '''composition'', et ses rencontres contribuèrent à l'écriture de ce nouveau livre.


On peut considérer que Ross y aborde le sujet du "communalisme", à partir des mouvements de défense localisées d'où cette forme d'organisation a émergé ; elle n'élabore ni ne travaille un concept, mais cherche à reconnaître des caractéristiques fondamentales partagées par la Commune de Paris, la résistance au projet de site militaire du Larzac, et les oppositions aux projets aéroportuaires en périphérie lointaine de Tokyo, de Montréal et de Nantes (d'où naîtra la ZAD de Notre-Dame des Landes). Elle reconnaît dans les capacités d'évolution des alliances stratégiques locales et éloignées (rendues possibles par le refus de la fermeture idéologique), certains atouts de la ZAD.


Pour commencer, Kristin Ross nous présente la manière dont la Commune de Paris influença la réflexion de Marx, et comment Kropotkine y reconnut une forme d'organisation populaire qui avait déjà émergé lors des deux premières années de la révolution française, autant dans les districts parisiens que dans la reprise des terres communales des villages accaparées par l'aristocratie et le clergé .


Kristin Ross consacre un premier chapitre à l'évocation de ce mai 68 alternatif, la Commune de Nantes, où suite à l'implication des épouses de salariés grévistes de Sud Aviation, les paysans ont approvisionné les ouvriers, et les services publics essentiels ont été pris en charge par la population.

Bernard Lambert, pilier de ce mouvement et militant de longue date, publia '' Les Paysans dans la lutte des classes'' en 1970.

L'alliance entre travailleurs urbains et ruraux était déjà l'objet des ouvrages d'Elisée Reclus ("à mon frère le paysan") et de Pierre Kropotkine ("la conquête du pain" 1892).


Le deuxième chapitre examine les combats contre les constructions d'aéroports internationaux décidées dans la même période du tournant des années 70 au Canada (Mirabel), au Japon (Narita, où le mouvement de résistance fut nommé SANRIZUKA) et à Notre-Dame des Landes. Ces projets de destruction massive une fois réalisés ont révélé leur inutilité, trop éloignés de cités qui disposaient déjà d'un aéroport...

Ironiquement,  le projet en périphérie de Nantes contribua à la préservation de zones humides et de blocages.

Cet accaparement des terres au nom du gigantisme ''glorieux'' de la nouvelle ère industrielle d'après-guerre, était contemporain des années d'accélération du "remembrement" qui créait de vastes parcelles uniformes propices à l'exploitation industrielle de monocultures.


Le troisième chapitre tire les leçons de la ZAD de Notre-Dame des Landes - la "composition" entre des idéologies, identités et pratiques complémentaires orientées vers le but commun de la protection d'une localité, d'une terre nécessaire à la durée du mouvement, puisqu'elle est à la fois son but et sa source de subsistance.


-----------------------------------

Durant la seconde moitié du XXe siècle, le paysan était déjà devenu la figure éminente de l'auto-entrepreneur aliéné  : abandonnant la mémoire des technologies vivrières qui impliquaient la préservation d'un milieu, il s'est transformé en agriculteur soumis à une logique industrielle de monoculture intensive épuisant la terre, devenu un exploitant  endetté envers l'état et les banques, contraint d'acheter machines, engrais, poisons ("pestiCIDES"), et d' agrandir ses propriétés en détruisant haies et bosquets ("remembrement").


Pourtant dès le début, ce programme suscita le rejet des Jeunesses Agricoles Catholiques de Loire Atlantique, dont était Bernard Lambert ("Les Paysans dans la lutte des classes"). Des mouvements  défendirent  une voie alternative, de la ''commune de Nanterre'' en mai 1968 ( qui abolissait la séparation entre ouvriers et paysans), au soulèvement du Larzac, jusqu'à Notre-Dame des Landes - démentant le cliché du conservatisme borné de familles paysannes repliées sur elles-mêmes et coupées du monde - expérimentant la composition entre des allié.e.s de provenances,  de convictions, de modes d'action et d'identités différentes.

Forme exemplaire de telles coalitions, la Zone À Défendre de Nantes a pu évoluer dans la durée car la solidarité  n'y était pas fondée sur des idées, mais sur un lieu à protéger, un terrain qui procurait les moyens de subsistance condition d'une semi-autonomie.

''La vie agraire est le fondement nécessaire de toute économie alternative,  de toute société alternative'' (page 48)


Henri Lefebvre avait déjà reconnu dans de tels combats la ''dialectique spatiale'' de ''décolonisation de la vie quotidienne '' : un lieu réapproprié génère un temps approprié à la jouissance de ce lieu, du ''luxe communal'' promulgué par la commune de Paris (qui abattait les hiérarchies sociales et artistiques pour offrir la meilleure vie possible à chacun.e),  au renouement dans la ZAD, avec le rythme des saisons et des fêtes des sociétés pré-capitalistes. La chronologie du salariat, de l'échange marchand et de l'accumulation du profit y cède la place à un autre usage du temps. Le vrai "temps libre".


132 "Partir de la vie quotidienne (...) permet de penser dialectiquement. La vie quotidienne est peut-être le site de l'aliénation, mais c'est aussi celui de la désaliénation, le terrain du changement social."

133-134 "[André] Gorz est particulièrement attentif aux formes de sociabilité imaginées par des jeunes gens rejetés par une "société du travail" qui n'a pas besoin d'eux et qui refusent de jouer le jeu - qui refusent, en d'autres termes, qu'on les oblige à se disputer des emplois toujours plus rares, toujours plus précaires, mais aussi, de plus en plus souvent, des emplois qui impliquent de participer indirectement, et même désormais de plus en plus directement, à la destruction en cours de l'environnement vécu. Dans leur invention d'espaces d'autonomie, des espaces où le temps salarié n'est plus le temps social dominant et où le temps de la coopération est venu combler le vide, Gorz, comme Guattari, voient les prémisses de sociétés constituées de gens qui feraient le choix de devenir toujours d'avantage les sujets de leur propre vie."


***********************

Extraits :

66 Les ''années 60'' sont le nom du moment où l'on a compris que la ''contradiction primordiale'' résidait ''entre la logique de développement et celle des bases écologiques de la vie'' - il ne doit plus y avoir de luttes sociales sans luttes écologiques.

64 "La terre et la façon dont on la travaille sont le facteur primordial à la base de toute société écologique alternative. La vraie guerre du capital, c'est celle qu'il mène contre la subsistance (...) des gens qui vivent différemment, en suivant une idée différente de ce qui constitue la richesse et de ce qui constitue la privation."


119 "le rapport à la terre peut constituer un point d'appui pour nourrir des pratiques écologiques et contribuer à sortir du consumérisme. La terre fournit l'espace ou le site physique sur lequel construire une vie en commun."


73 "La forme-Commune - territoire partagé autant que mouvement, les deux dimensions étant également chéries - nous rappelle avec force que pour gagner du terrain dans la bataille contre l'enclosure (car tel est bien l'objet de la bataille) , il nous faut en effet gagner du terrain, autrement dit, il nous fait poser les pieds quelque part, nous retirer quelque part et défendre ce quelque part"


74 "Ce qui rend la désignation d'une zone à défendre si puissante politiquement, c'est qu'elle met en oeuvre une sorte de transvaluation : quelque chose se voit attribuer de la valeur suivant une mesure qui n'est pas celle du marché, non plus, nécessairement, que celle des impératifs étatiques."


77 "Et cette chose qui est à défendre change, bien sûr, avec le temps. Contrairement à la Commune de 1871, le Larzac, Notre-dame des Landes et Sanrizuka ont relevé de ce que les maoistes appelaient des "guerres prolongées" - des luttes qui ne cessent de changer dès lors qu'elles durent et qui exigent des occupants qu'ils créent sans arrêt de nouvelles manières d'habiter le conflit. La durée étonnamment longue de ces batailles tient évidemment à leur proximité avec les moyens de subsistance - c'est-à-dire la capacité des occupants à cultiver leur nourriture et à subvenir à leurs besoins avec un degré élevé de semi-autonomie. Mais elle tient aussi au caractère non négociable de la question qui fait l'objet du contentieux."


78 "Se battre pour un lieu précis, ce n'est pas la même chose que se battre pour une idée. (...) si on est contre, on va changer sa vie en conséquence."

"Au fil du temps, la nature de ce qui est défendu change. Alors qu'il aurait pu s'agir un moment d'un environnement non pollué ou de terres agricoles, à mesure que la lutte s'approfondit, ce sont les nouveaux liens sociaux, les solidarités, les rapports affectifs et les entremêlements vécus produits par la lutte même qui sont défendus."


108 "Par conséquent, si l'affaire de la forme-commune est moins le gouvernement que la gestion d'intérêts communs, c'est donc que la forme suppose un engagement permanent à ne pas mettre en place des rapports ou des institutions sous une forme définitive et bornée mais à construire dans un esprit d'ouverture continue à l'improvisation collective et aux confrontations créatrices et pratiques avec la situation du moment."

113 "le collectif Mauvaise Troupe a donné un nom au processus consistant à maintenir la diversité tactique face à un ennemi commun - c'est ce qu'il a appelé la "composition".

116 "La composition est la marque d'un investissement massif dans l'organisation de la vie en commun sans exclusion au nom des idées, des identités ou des idéologies qu'on rencontre si fréquemment dans les milieux radicaux. En tant que tel, c'est le tissage d'un nouveau type de solidarité, où l'unité d'expérience compte plus que la divergence d'opinions, et qui répond à la conviction de Kropotkine pour qui la solidarité n'est ni une éthique ni un sentiment moral - c'est une stratégie révolutionnaire, sans doute la plus importante de toutes."


"En réalité, la composition n'est que le fruit d'une rencontre inattendue entre deux mondes ou plus, et la promesse contenue dans le devenir-commune de cette rencontre. C'est donc un espace, ou plus exactement un processus, où même les antagonismes peuvent créer un attachement. Lorsque des forces autonomes s'unissent et s'associent, elles peuvent se compléter et se contredire mais, en fin de compte, elles demeurent dépendantes les unes des autres. Lorsque le processus fonctionne, les différents éléments s'efforcent de travailler ensemble à la poursuite de désirs communs qui dépassent chacun d'eux, plutôt que d'essayer de résoudre leurs différends.

L'objectif, en d'autres termes, et une reconnaissance continue de la valeur de la complémentarité des pratiques. Ce qui veut dire : ne pas essayer de convaincre l'autre ou de le convertir à la supériorité de ses propres méthodes, qu'on privilégie le sabotage des machines, le montage de dossiers juridiques, le recensement des espèces menacées ou la violence frontale avec la police."

---

126 "partout où les exilés de la Commune ont trouvé refuge, les réfugiés et leurs soutiens ont forgé une pensée intransigeante du caractère anti-écologique du capitalisme et des ravages de l'industrie de du commerce. Cette pensée née de l'expérience de la Commune et de ses suites devait peu à peu sombrer dans l'oubli au cours de la longue contre-révolution qui s'est mise en place immédiatement, dont la barbarie ciblée de représailles des versaillais contre la commune - la tentative des bourgeois d'exterminer un à un et en masse leur ennemi de classe qui marque le début de la IIIe république - constituait le premier acte sanglant. Avec le massacre, la bourgeoisie montre qu'elle a le pouvoir nécessaire pour s'assurer un contrôle total. Les industriels et les riches cultivateurs de province nouent leur alliance historique soudant pour la première fois la société capitaliste et l'état républicain, et introduisant les transformation structurelles du mode d'exploitation et d'accumulation nécessaires à la rationalisation, dans les années à venir, de la production comme de la guerre. L'intensification de la mise en oeuvre du programme colonial au cours des décennies suivantes consacre le règne incontesté de cette alliance. En bref, la fin de la Commune marque le début d'un repli profondément conservateur sur l'identité nationale dont vichy est l'"apogée mais qui se poursuit sans interruption jusqu'aux bouleversement politiques des années 1969 et 1970. Alors seulement, dans le sillage des grèves, des insurrections et des expérimentations politiques des longues années 1960, et inspirées par celles-ci, a pu émerger ou réémerger une pensée de l'incompatibilité fondamentale entre croissance capitaliste et survie humaine et planétaire aussi intransigeante que celle mise en avant par Kropotkine, Reclus et Morris cent ans plus tôt. La Commune de Paris et les mouvements communaux des années 1960 et 1970 peuvent donc apparaître comme les bornes marquant deux extrémités, délimitant et clôturant de fait l'ère de ce que Rimbaud appelait la "magie bourgeoise" ; les cent ans d'accumulation, de modernisation et de surproductivité capitalistes - la période pendant laquelle, comme l'écrit Jason Moore , "le capitalisme a épuisé le rapport historique qui lui permettait de s'approprier le travail de la nature avec une force extraordinaire""


------------------------------------------------

Aperçu du déroulement des idées et des références dans le livre :


27-33 Ross relie les réflexions des réfugiés de la Commune de Paris aux idées tirées des luttes de Bernard Lambert dans son livre "les paysans dans la lutte des classes" (1970).

34 Jacques Willemont, jeune réalisateur de "la reprise du travail aux usines wonder", a également tourné "l'autre mai, Nantes mai 1968")

37-43 Kristin Ross aborde l'éviction, dans la mémoire contemporaine, de l'autogestion de l'usine Lip par les combats du plateau du Larzac.

44 Raymond Williams : les paysans comme "forces résiduelles constituées dans le passé mais toujours actives dans le processus culturel"

45 Maria Mies et Veronika Bernholt-Thomsen et la "perspective de la subsistance"

46-47 L'anachronisme revendiqué ; la vie agraire comme fondement de la société alternative autonome.

En 2009, les paysans réfractaires au projet d'aéroport furent rejoints par les "occupants de la ZAD".

52 Shinsuke Ogawa et son cycle de documentaires sur Sanrizuka (68-77), et aussi son documentaire réalisé avec Yann Le Masson, "Koshima Paradise" 1973

73 description de la "forme-commune"

74 "transvaluation" et "luxe communal" de la Commune de 1871

77 Les "guerres prolongées" (théorisées originellement par les maoistes) sont ici des luttes en perpétuel changement qui dépendent de moyens de subsistance tirés du terrain même à défendre. On se bat pour un lieu, pas pour une idée : la "forme-commune" n'est pas un concept, mais une expérience ancrée, située.

79 habiter/défendre un lieu où les communautés et les habitations, les activités sont liées à la terre, sans être une enclave coupée du monde.

80 Ross fut invitée en 2016 à la zad dans le cadre de recherches, ailleurs et antan, sur les modes de vie hors état et finance (Chiapas, Commune...)

87-90 : le "temps approprié" d'Henri Lefebvre

92 Michael Lowy relie le "romantisme radical" de Lefebvre se référant aux société précapitalistes, à William Morris.

93-94 L' "appropriation" - L'accession à l' "homme total" (Marx) est pour Lefebvre un processus de désaliénation, pas un idéal dans lequel basculer de but en blanc.

96 L'aliénation est "perte des possibilités : le sentiment d'obstruction de d'impasse provoqué par la destruction et la fragmentation du tissu social par le capitalisme" - "profonde privation de pouvoir ressentie dans tous les domaines de la vie" - "colonisation de la vie quotidienne"

97 Réorganiser l'espace pour inventer collectivement une autre vie - production et usages alternatifs

98 ''des groupes et des individus ne peuvent se constituer comme acteurs et sujets s'ils ne génèrent pas un espace - à la fois physique et social - qu'ils s'approprient et qu'ils contrôlent.

Dans la production de l'espace, Lefebvre établit une grande distinction entre ''l'espace dominé'' (qui ''résulte des projets d'un ''maître '') et son contraire, l' ''espace approprié''. L'espace dominé est celui qui a satisfait le désir économique de créer une interchangeabilité entre les lieux - à l'image des terres agricoles qui ont subi le processus de remembrement'' .

101 Forme-Commune : lutte pour la vie quotidienne délivrée des processus d'accumulation, temps affranchi des impératifs de l'Etat et de l'économie, mais réglé sur l'usage - "l'usage des terres en commun - appropriation plutôt que propriété" - usage plutôt que possession.

103 Lefebvre versus Bookchin : le "municipalisme" peut ne pas valoir mieux que l'étatisation. Il faut créer un espace d'apprentissage collectif de modes de socialisation de l'ensemble de la population, vers la coopération et la qualité.

105-106 Selon l'historien Charles Petit-Dutaillis, le sens original de "commune" ne serait pas législatif, juridique ou administratif, ne désignerait pas un mode de gouvernement local, mais "un groupe constitué pour gérer des intérêts collectifs" - une association.

107-108 "pendant la commune de paris, Jules Andrieu s'occupait du fonctionnement quotidien de la ville et de de la survie matérielle de sa population." - aussi pour lui, restaurer les "services publics" était l'essentiel. "la commune avait besoin d'administrateurs ; elle regorgeait de gouvernants". Les "gouvernants" étaient ceux qui prenaient des décrets sans assumer la responsabilité de leur exécution" (...) "En révolution, je crois que tout ce qui n'est pas utile est nuisible""

113-114 le collectif Mauvaise Troupe élabore l'idée de "composition" : le partage de l'usage des terres, le travail en commun réduisent par l'activité pratique les séparations idéologiques et identitaires.

110 "unité de situation (une collaboration passionnée) qui n'est ni idéologique ni identitaire"

"Ce type de coalition [paysans, occupants, citadins...] est déjà assez singulier quand on le compare à des mouvements de lutte pour les terres [dans les] anciennes colonies de peuplement (...) essentiellement menées par des indigènes."

111 Au Larzac, les natifs avaient le dernier mot, mais dans la ZAD, "il n'y avait pas un groupe qui assumait la direction".

115 Complémentarité des méthodes d'action.

116 André Gorz - ''on ne s'identifie plus au travail: la commune (...) constitue en pratique, du moins en partie, une issue existentielle collective (...) au monde du travail salarié, de la satisfaction consommatrice, (...) une issue à ce qu'il reste de croyance en la promesse de croissance infinie du capital."

118 Restitution de la terre à la collectivité "dans un rapport symbiotique"

119 rapport à la terre, socle de lutte et de mémoire historique

121-123 Lefebvre : "l'abolition totale de la propriété privée de la terre" est un processus via "la culture et la diffusion [de] pratiques non accumulatrices [qui] deviendront (...) un lieu commun. Une terre qui apparaît sous-utilisée peut recevoir un nouvel usage, un espace collectif pour se rassembler peut être créé, construit et fréquenté"

"Sans cette restitution à la collectivité, ajoute Arnould, "l'état, qu'on aurait cru abolir, se retrouverait dans chaque commune".

Sans attendre une révolution globale et une annulation totale de la propriété privée ; mais en contribuant à la faire reculer "en étendant les sphères d'activité qui échappent à la rationalité économique du marché".

*********************************

140-141 ''Les Soulèvements de la Terre éludent le ''changement systémique'' pour l'excellente raison que l'intensification des  catastrophes environnementales liées au changement climatique et la disparition précipitée des terres arables rendent l'attente de quelque chose comme un changement systémique de plus en plus difficile à distinguer d'une simple défense du capital, du statu quo. ''

''Les Soulèvements basent leurs actions sur des lieux de vie concrets, des particularités régionales et les besoins spécifiques des gens et des formes de vie qui les habitent.''

139 l'expérience de la composition et la culture de la ''complémentarité des méthodes'' de la zad ont contribué à créer, non sans d'inlassables négociations, une alliance conjoncturelle efficace entre les collectifs, respectueuse des différentes manières de se battre,  et engagée dans une campagne bien pensée d'actions spécifiques . Ils savent que leur succès dépend de leur capacité a nouer des alliances et à  créer de mobilisations plus massives (...) par des gestes de coopération répétés,  ils forment un front commun.''

135 ''la circulation des gens et des idées sur le territoire  et au dehors,  la constitution de groupes de soutien dans toute la France et au-delà,  la disposition des occupants à accepter de vastes quantités de visiteurs dans leur vie mais aussi leur disposition à s'engager dans d'autres luttes que la leur. Ils pratiquaient une forme de convivialité qui faisait aussi fonction d'éducation politique.  Ils reconnaissaient, comme Reclus et Kropotkine avant eux, que le plus grand danger qui menaçait une commune était le repli sur soi'' 


ChatonMarmot
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste La forme-Commune

Créée

le 1 août 2025

Critique lue 24 fois

ChatonMarmot

Écrit par

Critique lue 24 fois

1
5

Du même critique

X-Men - Dark Phoenix

X-Men - Dark Phoenix

2

ChatonMarmot

376 critiques

Pas de cul pour le MCU

**Pinacle tragique des X-men de Chris Claremont, inaugurant une vague de débauchages anglais par l'écurie Marvel, la transformation de Jean Grey en Phénix Noir et la mort de l'Elektra du Daredevil de...

le 5 juin 2019

Midsommar

Midsommar

10

ChatonMarmot

376 critiques

All you need is love...

Ari Aster continue d'exploser les limites du genre horrifique. Il propose un renversement de perspective, une expérience psychédélique et philosophique. Son but est de nous faire entrer dans la peau...

le 1 août 2019

The Walking Dead

The Walking Dead

4

ChatonMarmot

376 critiques

the trouble with zombies

Pourquoi consacrer une critique à une série éminemment dispensable ? Pour régler des comptes, je suppose. Je suis resté collé devant pendant 6 saisons. Pourtant, j'avais bien remarqué qu'elle ne...

le 13 mars 2018