Ce titre provocateur peut irriter les optimistes de tous les jours mais pourtant ce cri d'alarme est pétri de lucidité sur le danger numéro 1 qui guette l'homme : son anéantissement par la machine (l'automatisation, les robots et l'intelligence artificielle).
le message de Bernanos est péremptoire et limpide, La société occidentale, et maintenant la quasi totalité du globe, se laisse envahir par la Dictature du machinisme il dirait même totalitarisme par rapport a la faculté de la machine à uniformiser le mode de vie et surtout à faire oublier la liberté.
Comme l'auteur aime le dire à merveille « la pire menace pour la liberté n'est pas qu'on se laisse prendre - car on peut la reconquérir - c'est qu'on désapprenne à l'aimer ou qu'on ne la comprenne plus ». Les sociétés ont aujourd'hui intériorisé le culte du progrès, du productivisme et de l'effacement de l'homme dans la réalisation des choses. Elles ont décidé d'être gouvernées par la " machine" pire elles ne voient pas leur futur sans elle. Il faut toujours aller plus loin dans le processus de remplacement.
Les démocraties sont impuissantes, elles ont toutes les symptômes d'une dictature par leur silence sur l'emprise de la technologie tout azimut sur l'homme (surtout qu'ont ne peut pas agir contre elle).
Quel régime politique ou parti politique veut sonner le glas du remplacement de l'homme par la machine ? Que ce soit la gauche ou la droite aucun des deux ne s'oppose à la pénétration (et à la régulation) fulgurante de celle-ci. On la regarde comme une fatalité mais comme dit Bernanos, en réponse à certains déterministes, le machinisme est phénomène inattendu dans l'histoire humaine alors on peut y mettre fin dans un réflexe de liberté, de survie. Mais on se laisse diriger par elle et quelle liberté il y a dans l'asservissement et dans la perte de l'autonomie ?
Ce qui est critiqué par le romancier c'est l'homme qui se laisse diriger aussi facilement par la technologie au point de ne plus voir la perte grandissante de sa liberté. Il n'est donc pas question comme dit Bernanos d'un retour à l'âge de pierre mais de savoir si le progrès nous rend meilleur et plus humain et pas plus inutile sinon cette question " la liberté pour quoi faire ? " Se pose légitimement.