Le canon de Van de Graaf a permis à aux imprimeurs de confectionner des livres avec la mise en page la plus agréable pour le lecteur. Dans ce roman ce n’est pas l’objectif. J’ai eu l’impression d’un mixe entre Lovecraft et les personnages de K. Dick.
La Maison des feuilles est un commentaire d’un film d’une exploration de la maison à Ash Tree Lane. Ce film accompagné de note raconte une première histoire d’horreur. La seconde histoire est un commentaire de Zampano aveugle et qui a fini par se suicider. La troisième histoire est celle de Johnny qui compile les notes de Zampano, atteint de schizophrénie et prenant de la drogue le tout devenant anarchique. La dernière histoire concerne la mère de Johnny depuis un hôpital psychiatrique lui envoyant des lettres.
Danielewski a pondu un ovni littéraire, cryptique voir de l’anti-littérature mais ce n’était pour se donner un genre mais bien pour tourner en dérision le genre. Citant Piaget ou Heidegger Stephen King, Ken Burns, ou Jacques Derrida et autre pour justifier ou rationaliser ce qui se passe. Ce faisant il tourne en dérision l’académisme avec les extraits de théories citations toutes plus vides qu’il ne démêlent pas l’intrigue. Il se moque du cinéma et des critiques avec le Navidson Record, en fait c’est même dit par l’intermédiaire de citation « tout medium ment ».
« ironiquement la technologie même qui nous invite à nous méfier de l’image crée aussi les moyens permettant de la valider »
Le film Navidson Record ne rend pas compte de la réalité d’ailleurs ce manuscrit que nous tenons entre les mains ne retranscrit rien. Moquant dans sa mise en page grotesque le naturalisme dressant la liste de l’architecture du lieux, la Maison s’encre dans notre imagination. La perte de repère devient son objectif littéraire former une image par la page.
Mais passé le régal de ses mises en pages étonnantes venons à ce qui a beaucoup déçu. L’histoire fort peu intéressante Will est dans sa recherche morbide de la découverte, Zampano n’a pas thèse il ne fait que copier et Johnny est au prise avec sa maladie. Le livre qui rend fou est trop verbeux, on sait qu’il nous nous perd par tout les moyens. Danieleswki n’a pas de style propre et j’avoue le coté horreur ne m’a pas convaincu.
le sous texte c’est que Navidson est attiré par cette étrange maison, Zampano par l’histoire de Navidson et Johnny par ses problèmes personnelles attiré par les notes de ce suicidé de Zampano.
À notre tour nous sommes quelques peut attiré par cette amoncellement d’enquêtes compilés anarchiquement. Maintenant la folie de Johnny met le doute sur l’histoire qui nous ai présenté. Surtout Johnny parce qu’il n’a pas sauvé sa mère (nous ne savons rien de leur relation) il se concentre sur les notes de Zampano.
La forme final du roman reste le polar avec ces notes. L’enquêteur traditionnellement dans ce genre cherche toujours a réparer la justice ou la vérité mais dans la Maison des feuilles il n’y a rien de tout ça. Ici ce sont nous les enquêteurs et c’est peut être sur ce fil que le roman est le plus intéressant : Pourquoi essayer de comprendre la folie de Zampano, Will ou Johnny ?
Les théories sur le livre sont totalement inutiles ne comprenant pas que le medium ment. Il y a une référence éclairante à Bachelard, ce dernier écrivait sur la maison en poésie comme le reflets des états d’âmes, une maison de rêve ou une maison spirituelle. Une autre plus éclairante cette extrait P24 d’Heidegger sur l’inquiétante étrangeté qui révèle les intentions de l’auteur. L’angoisse est extérieur à soi et l’écrivain tente de coucher sur papier cette sensation.
Tout est clair pour moi la maison n’a jamais existé seul l’obscurité est. Elle est l’angoisse des personnages qui la façonnent, l’angoisse de Jonas dans le ventre de la baleine.
Maintenant sous ces faux air de roman univers Danielewski voulait rallier architecture photographie philo et poésie. Malheureusement style pompeux (sauf pour les lettres de Pelafina magnifiques) et j’ai eu du mépris pour les personnages. Je croyais à une satyre alors que d’autres prennent le livre au sérieux.
Rien n’est sérieux ce n’est qu’un livre.
Moi j’y ai pris du plaisir et je vous laisserai vous faire votre propre idée.