« La Maison vide », Prix Goncourt, laisse un sentiment d’incompréhension difficile à dissiper. On referme ce livre avec l’impression d’une ambition affichée – voire proclamée – mais jamais tenue.
Dès les premières pages, quelque chose cloche : des phrases interminables, un style qui se veut ample et dense mais qui s’effondre sous son propre poids. Ce n’est pas une lenteur poétique, lyrique ; tout n’y est que lourdeur, saturation, énumération …
Le roman semble osciller entre chronique familiale et exercice de style, sans jamais atteindre l’un ni l’autre. L’arbre généalogique devient une succession de noms vidée de toute psychologie. Le titre – « La Maison vide » – finit par paraître involontairement programmatique : tout sonne creux.
L’auteur semble vouloir bâtir un grand roman total, mais on assiste davantage à une écriture qui se regarde qu’à une écriture qui regarde le monde. Cette tentation du verbe pour le verbe rappelle certaines dérives d’écrivains très médiatisés : le style comme performance, plutôt que comme nécessité.
À côté de cette ampleur artificielle, on se surprend à penser à des plumes réellement sensibles, réellement travaillées, capable d’une délicatesse de regard, d’un sens de la nuance, d’une vraie justesse littéraire. Ici, rien de tout cela.
Je ne suis d’ailleurs pas la seule à tomber de haut : plusieurs critiques, notamment au Journal du Dimanche, soulignent la même chose – un ennui abyssal, un texte opaque, une incompréhension face au concert d’éloges.
Pour un prix censé célébrer le meilleur de la littérature française, le décalage est saisissant.