La Menteuse
6.7
La Menteuse

livre de Sophie Stava (2025)

Peut-on mentir pour appartenir ? Le malaise feutré de La Menteuse

🔴 https://www.youtube.com/playlist?list=PL20YyCbDV6ECMvmhSuCu8WtMbVtItUgMD



La Menteuse s’inscrit dans cette lignée de thrillers contemporains qui dissèquent les classes privilégiées non par la violence, mais par l’intrusion. Sophie Stava ne raconte pas une histoire de crime, mais une histoire de porosité. Une femme entre dans une famille. Et tout vacille. Sloane Caraway est une menteuse, certes. Mais le roman montre très vite que le mensonge est déjà partout. Dans les maisons vitrines, les couples modèles, les parentalités performatives. Le couple Lockhart incarne cette réussite américaine impeccable, où chaque détail semble validé par un magazine de décoration. Sloane n’apporte pas le poison : elle révèle la fissure. L’écriture est volontairement maîtrisée, presque froide. Stava refuse l’emphase psychologique. Elle observe. Elle laisse les gestes parler. Ce choix donne au roman une tonalité clinique, parfois frustrante, mais parfaitement cohérente avec son propos. Ici, le malaise naît de l’absence d’explosion. De cette lente montée d’un inconfort impossible à nommer. Le véritable sujet du livre n’est pas le mensonge individuel, mais le mensonge social. Qui a le droit d’entrer ? Qui a le droit de rester ? Sloane ment pour survivre dans un monde qui ment pour se protéger. Le thriller devient alors politique, sans jamais le proclamer. Une critique douce-amère d’une société où l’apparence est une monnaie plus stable que la vérité. On pourra reprocher au roman son refus de la radicalité. La Menteuse n’est pas un récit subversif. Il ne renverse rien. Il observe, constate, dissèque. Mais c’est aussi ce qui le rend pertinent : il agit comme un miroir. Et ce miroir n’est pas flatteur. Premier roman solide, La Menteuse séduit par sa précision plus que par son audace. Un page-turner discret, qui avance sans bruit, mais laisse derrière lui une question tenace : dans un monde fondé sur l’image, qui mérite vraiment d’être cru ?

Le-General
7
Écrit par

Créée

le 21 janv. 2026

Critique lue 26 fois

Le-Général

Écrit par

Critique lue 26 fois

D'autres avis sur La Menteuse

La Menteuse

La Menteuse

7

Amoineauenvol

53 critiques

Version audio

Avec La menteuse de Sophie Stava, je me suis trouvée face à un récit qui interroge la notion de vérité, non comme un socle immuable, mais comme une matière mouvante, parfois instable, parfois...

le 22 janv. 2026

La Menteuse

La Menteuse

7

MrsFreaZ

74 critiques

mouais

J'ai vu tellement d'avis positifs. partout, alors j’avais hyper envie de vivre, moi aussi, un moment d’exception.On suit Sloane, qui ment depuis l’enfance et finit par se construire une vie parallèle...

le 29 nov. 2025

Du même critique

L'Objet du délit

L'Objet du délit

6

Le-General

596 critiques

Ce film sur MeToo cache en réalité quelque chose de bien pire

Au départ, L’Objet du délit ressemble à un film très simple. Une accusation éclate pendant la préparation d’un opéra, les tensions montent, chacun doit prendre position. Mais plus le film avance,...

le 28 mai 2026

Babygirl

Babygirl

3

Le-General

596 critiques

Cette obsession à vouloir faire du désir féminin une grande déclaration ...

_____Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes: https://youtu.be/sSVYyyi2ZPU👉 Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun ! ...

le 17 mars 2025

Juste une illusion

Juste une illusion

7

Le-General

596 critiques

Ce film va te ramener directement en 1985 (et ça fait bizarre)

Il y a des périodes qui ne s’oublient pas. Pas parce qu’elles étaient belles. Mais parce qu’elles étaient floues. Juste une illusion, c’est exactement ça. Un souvenir qui tremble. Nous sommes en...

le 15 avr. 2026