La mystérieuse affaire de Styles : Emily Inglethorp est empoisonnée au milieu de la nuit. John Cavendish, l'un de ses beaux-fils qui vit à Styles avec elle, suit le conseil de son ami Arthur Hastings et fait venir Hercule Poirot, une connaissance, au domaine. Cet ancien détective belge réfugié de guerre, un peu oublié de tous, va dès lors tout analyser avec ses petites cellules grises, pour parvenir à démasquer le coupable.
Et on dispose d'une galerie de personnages presque tous présentés dans les premières pages du livre : le nouveau mari, les deux beaux-fils, la belle-fille par alliance, la dame de compagnie, l'orpheline recueillie par la victime, le médecin, et la femme de chambre. Ça fait pas mal de noms et de liens à garder en tête au début du livre.
Mais c'est aussi la signature d'Agatha Christie, et dès ce premier roman, elle met en place tout un schéma qu'on retrouvera par la suite. Et elle invente un des plus célèbre détective de la littérature !
Quand on pense que ce livre est le résultat d'un pari avec sa sœur... Christie réalise un sacré coup de maître.
On se laisse embarquer par l'histoire et les mystères qui ne sont expliqués qu'à la fin, alors qu'on est convaincu d'avoir déjà tout compris... Mais non, les dernières pages retournent l'histoire, lorsque Poirot daigne dévoiler ce qu'il a observé et déduit.
Alors aujourd'hui c'est assez daté, et à la fois complètement compréhensible. Écrit en 1916, le roman décrit des habitudes de vie et des comportements un peu surannés, dans cette époque où la bienséance et le qu'en-dira-t-on dominaient le quotidien. C'est ancré dans son époque, et ça fait sourire parfois, mais le déroulé de l'enquête et la conclusion restent des éléments assez remarquables et brillants.
Une chouette enquête, une écriture fluide, pour un livre plutôt court, à savourer avec une tasse de thé, évidemment.