Quand on n'a rien à dire, on fait le "portrait de son époque". Nicolas Fargues use et abuse de l'effet de réel dans cet interminable monologue intérieur d'une femme vieillissante et désengagée, passablement déprimant, et qui ne raconte à peu près rien. Pour dire quoi, dès lors, avec ce pseudo-roman ? Pas grand-chose que vous ne sachiez déjà, puisque vous y vivez aussi, dans cette époque, si vous n'avez pas la prétention d'en faire des livres. Quant au vieillissement, c'est une expérience assez largement partagée, je crois. La seule originalité du bouquin, c'est que l'habituel personnage de l'anti-héros qui sert de prête-voix aux bavardages désabusés de l'auteur qui n'a rien à dire est ici une anti-heroïne, mais ça ne sonne pas vraiment juste, et surtout ça ne change rien. Enfin, ce n'est pas écrit dans un français de très bonne tenue ni très agréable, tantôt relâché, tantôt précieux. La péremption, en somme, était un bon titre programmatique.