Malgré ma déception concernant deux tomes de cette collection, je continue de poursuivre mon exploration auprès des Contes Interdits. Tandis que, j'abandonnais Les Trois Petits Cochons que j'ai trouvé plus navrant que cette paire de chaussette mouillée et Barbe Bleue qui m'a fait autant pleuré que cette fuite dans ma cheminée, voilà ti pas que la P'tite sirène aura un peu plus de mon attention.
Pourquoi? Pour commencer, ce tome s'ouvre sur une excellente introduction, digne d'un grand film d'horreur. L'écriture, soignée et immersive, nous plonge dans une scène d'accouchement difficile, très réaliste. Donc +++
Ensuite, on parvient à s'attacher à cette pauvre fille qui subira tous les outrages inimaginables (L'exploitation dans un cirque, les viols, le voyage cauchemardesque dans une boîte de striptease immonde tenue par une tenancière terrifiante, jusqu'au Palais des Nains détenus par une folle psychopathe qu'on appelle Comtesse) et également, on s'attachera à cette amitié plus que crédible entre l'Homme homard qui souffre d'une aplasie digitale et l'héroïne née d'une sirénomélie handicapante à vie. Si Freaks de Tod Browning était là pour nous donner envie de sympathiser avec les difformités naturels du corps humain, afin que l'on soit plus tolérant avec la diversité, ici entre flics ripoux, nains traitres, juges à la moralité douteuse et expériences scientifiques à la Menguele, on se dit que finalement, peut-être que cette pauvre fille aurait dû mourir à la naissance. Personne n'est sympa avec elle à part deux personnes. A croire que le message soit le suivant : si tu n'es pas née normale, tu auras une vie absolument atroce.
Que dire de plus? C'est parfois tellement grandguigolesque que l'on rigole jaune. Et le côté hyper malsain excessif n'est pas incrédible lorsque l'on suit certaines affaires de viols dans la réalité, on est tout à fait capable de croire que cela pourrait arriver.
Des Hommes sont des monstres et des "monstres" sont des humains.
En résumé, même si certains passages flirtent avec le grand n'importe quoi, on n'en attend pas moins de ce type de littérature. Cela reste un bon cauchemar dont on est quand même soulagé de se réveiller.