Comme à chaque fois, Zola poursuit sa quête de la description psycho-sociologique du peuple français. Ici, le monde rural.
Le style de Zola est toujours sensé s'adapter au monde qu'il nous présente (au moins dans les dialogues). Je ne m'attendais pas à ça (et pas que dans les dialogues). Ici, tout est cru, visant la vulgarité, avec des images que je ne m'attendais pas à trouver dans un roman du XIXème siècle, qui plus est d'un auteur avec pignon sur rue tel qu'Emile, tel ce jet de sperme dans la campagne, décrit non exactement en ces termes, mais de façon complètement non imagée. Non que je sois choqué par cette image, plutôt par ce choix descriptif. Mais ce n'est qu'un exemple.
Je ne m'attendais pas non plus à trouver un peuple rural aussi sécuralisé. La révolution est certes passée par là, mais elle n'a pas commencé par le monde rural (ou alors, en contre-révolution, comme en Vendée). Je m'attendais à trouver un monde rural obsédé par la possession terrienne, ça oui. Venant d'un monde paysan (sans l'avoir connu directement), j'avais parfaitement intégré ce besoin de propriété, naturel, car source de survie (oui, carrément, dans un monde individualiste). Je m'attendais à un monde sans pitié. Car encore une fois, sans l'avoir vécu, j'en ai vu certaines conséquences ataviques (la base de l'oeuvre de Zola, d'ailleurs.
Comme les autres, ce roman est trop long, et peut-être plus encore ici, eu égard aux intrigues. Car, même si on met 400 pages à exposer les raisons de la fin, et donc, ça fait sens, 400 pages, c'est trop. Et un dénouement aussi ténu sur 100 pages, c'est encore trop long.
Comme d'habitude, chez Zola, personne ou presque n'est récupérable. Sauf Jean Macquart, une surprise, car les Rougon et les Macquart sont souvent des purs connards. Mais il ne vient pas du milieu. Quand les gens ne viennent pas du milieu (comme Etienne Lantier dans Germinal), les gens sont moins condamnés que la moyenne : une ode à l'immigration et au mélange ? C'est possible.