Chronique de trois dérapages / décrochages mentaux consécutifs. Le premier, qui donne son titre au roman, est celui que je préfère : la conversion au végétarisme de Yonghye est racontée à la première personne par le mari : son conformisme étroit produit un récit assez drôle - malgré le tragique de la situation - et décortique finement l’incompréhension hostile (sans doute celle de la majorité des lecteurs) que peut susciter ce genre de résolution. J’ai bien aimé aussi le second récit, adoptant cette fois à la troisième personne le point de vue du beau-frère de Yonghye, que l’on voit devenir en quelque sorte sexuellement végétarien ; ce chapitre explore de façon originale la porosité entre désir sexuel et geste artistique. Le dernier chapitre m’a nettement moins convaincu: on y suit la grande sœur de Yonghye dans une espèce de lamento où il est beaucoup question de culpabilité, m’a-t-il semblé, mais je ne jurerais pas d’avoir été attentif de bout en bout.
En conclusion les deux premiers chapitres sont très réussis et justifient largement l’achat du roman (oui, mesdames et messieurs, l’achat).