Sénèque commence par poser une difficulté fondamentale : comment définir ce qu'est une vie heureuse ?
Il y répond ainsi : "La vie heureuse est une vie conforme à sa propre nature". Autrement dit, être en paix avec les autres, les aimer sans les admirer, accepter son destin sans s'y asservir, être en santé sans souffrir des blessures.
En fait, la notion d' "amor fati" est centrale chez lui. C'est grâce à cette acceptation de la destinée que le Sage est une âme invincible puisque peu importe la fortune, il réagit avec calme et bienveillance. Il ne s'exalte pas, il ne pleure pas non plus. Ainsi, il est libre car sans peur et avec une gaieté perpétuelle.
Il faut toutefois se méfier de ce qu'est une vie bonne chez les stoïciens. Ici, on cherche la vertu et non le plaisir. La vertu est forcément bonne, quand le plaisir peut dériver vers le vice, le manque de contrôle, le trop-plein. Et alors, cela peut dégénérer vers une obsession du désir, du besoin de plaisir et donc une perte de liberté.
On peut alors penser aux théories plus modernes de psychologie motivationnelle et la notion de "congruence motivationnelle" de MacMahon. Celle-ci met en lumière le nécessaire alignement entre nos aspirations conscientes et nos besoins inconscients, pour faire naitre une motivation authentique. Ainsi, comme chez Sénèque, cette théorie insiste sur l’harmonie intérieure comme clé de la liberté et de l’épanouissement
Malheureusement, après cette introduction intéressante, bien que classique dans la stoïcisme, Sénèque passe le reste de son essai à essayer de justifier qu'il est vertueux tout en étant le Bernard Arnault de l'antiquité : "Pourquoi ton épouse porte-t-elle aux oreilles la fortune d'une riche famille ?".
Il va alors essayer de montrer que la remise en question de la vertu par la richesse est vaine en invoquant des arguments comme le sophisme de la solution parfaite, la nécessité de l'amor fati. Après tout : "Le sage n'aime pas les richesses, mais il les préfère". Tu m'étonnes.