Après la claque de son premier "My absolut darling", que j'avais lu comme on regarde un accident sur la voie opposé de l'autoroute (mélange de fascination et de répulsion), j'attendais avec impatience le 2nd roman de Tallent. Il aura fallu patienter 8 ans pour le tenir entre mes mains.
J'ai vécu des émotions fortes quoi que très différentes du premier bouquin. Encore une fois, l'histoire prend place sur la côté Ouest des Etats-Unis. Mais exit les forêts de sequoia. Ici, l'horizon se sont des roches ocre qui se dresse comme une invitation ou un défi. Auxquels vont répondre Dan et Tamma. Deux lycéens qui passent leur dernière années de lycée à tenter de gravir une paroi, obnubilé par le rêve de devenir grimpeur. Lui, discret et à la vie intellectuel riche ; elle exubérante avec des émotions explosives. Deux personnalités que tout ou presque oppose sauf cette sensation d'être désalignés du reste du monde dont ils proviennent. Cette différence suffit à créer un trait d'union indestructible. Une ligne de vie , une corde qui leur permet de s'assurer l'un l'autre dans cette terrible ascension qu'est le passage de l'adolescence à la vie de presque adulte.
Car encore une fois, comme Turtle dans son premier roman, ce qui fait la puissance de ce récit, c'est la force de ses deux personnages, de leur famille, du destin qui leur est tracé et dont ils vont tout faire pour s'arracher. Il est question de résilience, d'espoir, de défis à surmonter. La métaphore de l'escalade aurait pu être lourdingue mais on sent que Tallent est un vrai passionné et cela ne sonne pas faux mais vient appuyer avec précision son propos.
Le seul moment un peu maladroit que j'ai ressenti est un moment de dialogue avec des didascalie entre crochet qui tombait un peu à plat. Comme si il avait voulu nous montrer qu'il est capable de faire ce genre d'excentricité. Qund David Foster Wallace le fait sur tout un roman, c'est assez génial. Quand on le fait sur 3 pages, ça fait un epu m'as tu vu. Après, Tallent n'est pas un guignol et donc ça marche quand même, mais j'ai trouvé que ça n'apportait pas grand chose (voir même ça m'a un peu sorti du livre). Mais ça passe vite, et on se retrouve embarqué dans des descriptions de paysages, d'action et de personnage qui s'entremêle avec talent. Les dialogues sont écrit avec justesse (mention spéciale à la traduction pour retranscrire de l'argot escalade ou de jeune sans que ça fasse trop technique, forcé ou ringard)
Au final, je parviens à la lecture de ce 2e roman de mieux comprendre ce qui m'avait tant plus dans son premier: sa capacité à retranscrire une vie adolescente d'un point de vue adulte sans tomber dans l'adultisme ou la facilité d'une vision trop enfantine. Un subtil équilibre qui demande de se lancer, prendre des risques, parfois tomber, parfois lourdement, pour mieux se relever. On peut se faire mal, mais quand ça fonctionne, quel pied!
Et là, force est de constater que ça fonctionne très bien.
A lire à l'ombre d'un arbre de Josué, en espérant déjouer les projets familiaux!