Les grandes oubliées, de Titou Lecoq, à l'ambition de réécrire l'histoire que l'on connaît de nos bouquins du collège lycée, mais au féminin (le sous titre résumé bien le questionnement auquel va s'attaquer l'autrice "pourquoi l'Histoire a effacé les femmes").
Pour ce faire elle va balayer la frise du temps, depuis la préhistoire jusqu'à nos jours, en mettant en lumière celles qui ont été jetées dans l'ombre de l'histoire. Une ombre bien artificielle et choisi par ceux qui écrivent l'histoire, les vainqueurs du système d'oppression : les hommes.
La préface de Michelle Perrot annonce le ton du bouquin et l'adoube pour lui donner la crédibilité que certains pourraient lui dénier. Car le style du livre est très souvent plus proche du blog ou de l'article de Slate que d'une publication historique. Mais en même temps, l'autrice s'est fait connaître entre autre comme blogueuse et comme journaliste chez Slate. Si vous vous lancez dans un livre d'histoire sans vous renseigner sur l'autrice ou l'auteur, vous n'auriez sans doute pas du ouvrir ce livre en premier lieu.
Le style est donc parfois un peu trop léger à mon goût, mais il a l'avantage de rendre très accessible des périodes de l'histoire ou des enchaînements de dynasties qui auraient pu plomber le récit. Cela rend au final le livre assez facile à lire, compréhensible sans avoir de connaissance préalable et souvent drôle. Mais on tombe parfois un peu trop vite dans l'inventaire de nom, sans forcément creuser ou recontextualiser ce qui est présenté.
La conclusion ré insuffle un peu d'analyse, que j'aurai aimé voir de manière plus diffuse dans le livre. Mais cela permet de faire une seconde lecture plus profonde. Et au final, l'intention de l'autrice était de sortir de l'oubli ces grandes figures féminines de notre histoire. C'est chose faite avec ce bouquin, libre à nous d'aller creuser les références bibliographiques nombreuses données par l'autrice tout le long du livre.
Rien que pour cette approche originale et la façon agréable pour la traiter, ce livre mérite d'être lu, au moins comme une introduction à ce vaste sujet qu'est l'invisibilisation de certains (en l’occurrence certaines) dans les livres d'histoires. Un sujet et une approche indubitablement inscrite dans l'air du temps