Le bal des folles est un évènement mondain attendu du tout Paris. Mais seulement du haut Paris, celui qui recevra l’une des rares mais précieuses invitations à la Salpêtrière. Ironie quand on y pense, car outre les vrais problèmes mentaux, c’est là où sont envoyées, cachées, les filles que l’on souhaite renier.
Il en est ainsi d’Eugénie qui parle aux morts, Louise qui fut traumatisée par le rejet de sa tante (lisez le roman juste pour cette scène, où tout l’égoïsme humain prend forme), et Thérèse, qui elle se sent à l’abri entre les murs de l’hôpital. Après tout, est-il plus judicieux de vivre tranquillement au rythme des malades, ou de survivre dans un Paris où les femmes n’ont aucun droit?
Un roman sur les femmes, le sort qui leur est imposé par les hommes depuis des siècles. Car oui, seules les femmes ont des problèmes mentaux, sont des gênes ou des problèmes pour une famille. Alors on les envoie à la Salpêtrière, afin de disparaitre de la vie mondaine, les effaçant du monde.De quoi laisser place nette aux hommes de l’hôpital pour faire ce qu’ils veulent de leurs patientes. Les briser, les humilier, comme de vulgaires cobayes permettant des avancées scientifiques.Les femmes, les folles, qu’elle différence réelle ?
En dressant plusieurs portraits, dont l’incroyable infirmière Geneviève, femme saine d’esprit parmi les folles et les hommes savants, le livre nous emporte dans une danse folle. Celle d’une époque sombre, mais en même temps pas si lointaine que cela. Littéralement happée, je l’ai lu en seulement quelques jours, constatant avec effroi ce qui arrivait aux femmes ! Un très très bon roman, psychologiquement dense, au panel emotionnel s’ouvrant comme une rose tout au long de sa lecture. Je vous le recommande, et suis curieuse de voir son adaptation maintenant !
https://cenquellesalle.wordpress.com/2022/01/08/le-bal-des-folles/