Bizarrement, j’ai adoré la longueur de cette œuvre, et c’est d’ailleurs ce livre qui m’a fait réaliser que je préfère les longues histoires aux courtes. Tout comme pour les séries et les films, je préfère les séries. Pour la simple et unique raison que je me suis toujours attaché aux personnages et à l’univers d’une œuvre. Avec 2000 pages, on a largement le temps de découvrir toutes les facettes du personnage principal, Edmond Dantès, à différentes temporalités, dans différents lieux. La plupart des personnages sont développés et sont intéressants. Il y a soit les gens de pouvoir qui font du mal, et qui seront punis par le comte, soit les gens faibles, victimes, qui dans le futur seront sauvés.
C’est fou de voir le jeune marin Edmond Dantès passer d’un jeune homme innocent, qui voit le bien partout, à un homme plein de pouvoir, prêt à assouvir sa vengeance. La transition est brutale mais nécessaire, et finalement agréable. C’est très romanesque, avec des péripéties à n’en plus finir, et pourtant le lecteur est difficilement lassé.
Pendant le déroulement du récit, on peut voir trois changements de régime en France, passant de l’Empire de Napoléon au royaume de Louis XVIII. D’ailleurs, les endroits sont vraiment bien décrits par Dumas et on est facilement transporté. On a de la nature, avec la mer très fortement liée à Edmond, avec les transitions entre les différentes villes, et aussi avec la fameuse île de Monte-Cristo. Mais on a aussi le Paris bourgeois du XIXᵉ siècle, très bien représenté et vivant, tout comme Rome avec son carnaval. Pour rappel, c’est un roman épistolaire, donc il arrive par moments que Dumas s’étale longuement sur des descriptions qui, pour certains, sont inutiles, et pourtant je trouve que ça fait son charme.
La fin est une pépite aussi, mais je ne vais pas spoiler. Si on devait résumer cette œuvre…
Toute la sagesse humaine est dans ces mots -> attendre et espérer. Il n'y a ni bonheur ni malheur dans ce monde il y a la comparaison d'un état à un autre. Celui-là seul qui a éprouvé l'extrême infortune est apte à ressentir l'extrême félicité. Il faut vouloir mourir, pour savoir combien il est bon de vivre.