Pendant trois ans, Sophie des Déserts s'est entretenue avec Jean d'Ormesson, a déjeuné avec lui, l'a suivi en Corse, dans sa résidence de vacances. Au terme de ces trois années, et après des entretiens avec ses proches, elle dresse un portrait sans concession de l'écrivain préféré des Français, décédé en décembre 2017.
La journaliste évoque le Jean d'O que tout le monde connaît, l'écrivain du bonheur, l'homme du monde à l'élégance rare, l'amoureux transi. Mais elle n'écrit pas une hagiographie. Elle n'occulte donc pas les aspects plus sombres du personnage, comme lorsqu'elle parle de la photo de mariage :
Il a les yeux perçants, menton mouche-du-coche, et ce cigare
désinvolte au coin des lèvres qui souffle sur le petit visage crispé
de Françoise. Aucune bonté, rien qu'une tension arrogante A l'époque,
il devait être horripilant. Le charme est venu avec l'âge.
Elle parle aussi des années Figaro, des maladresses politiques, du refus de s'engager vraiment, par peur de mécontenter, des femmes courtisées, même dans le grand âge. Tous ces éléments écornent un peu le personnage, mais ils le rendent aussi plus crédible, et sans doute plus attachant. Une excellente biographie.