L'adolescence est clairement la période la plus pourrie de ma vie, un genre d'excès de sébum éternel, avec le borborygme d'un bang en bande son.
Pour Radiguet, c'est pour ainsi dire la dernière, voire la seule. Alors il remplit, le bougre. Loupant l'école, papouillant de la promise de Poilu, le tout dans un style impeccable. Ses colères, ses envies, ses exigences en papier-peint, Radiguet dévoile tout, conscient de son propre kitsch.

Difficile parfois, de ne pas être pris par l'envie de voir ce petit salopard indolent (Dolan?) se faire violer dans un troquet par Apollinaire, Céline, Remarque et Junger réunis.

Ce, quasiment jusqu'au bout. Comme la houle, les 200 premières pages font ressac sur la berge du ravin de l'excipit, à l'incipit de la brillante carrière littéraire et de la vie qui attendait le malheureux Radiguet, mort d'une fluxion de poitrine pour avoir voulu impressionner la galerie en se baignant dans la Seine en plein mois de janvier. On se prend à l'aimer. Dernier calembour, Radiguet laisse un fils de papier à un veuf dont on soupçonne l'authenticité.

Le jeune Raymond n'a fait que vivre un peu. Il a fait les tranchées, à sa façon. Mais, comme dit John Rambo, c'était pas sa guerre...
Latrouille
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le 25 mai 2012

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