Comment pouvait-il en être finalement autrement ? Au début, on ne saisit pas la raison de la mise à distance qu'Emilia met entre son mari Riccardo et lui. C'est ce dernier qui est narrateur, et il est intéressant de découvrir le désarroi, puis la souffrance de cet homme qui aime son épouse.
Est-ce l'adultère ? La lassitude de l'habitude ? Leur logement ? Leur condition de vie ? Finalement, on découvre qu'il s'agit de leur trop grande différence. Il est intellectuel, il est scénariste de cinéma - bien qu'il préfèrerait travailler pour le théâtre - et en vue, elle ne travaille pas et n'a juste qu'une formation de dactylographe et son physique de mannequin à offrir. Trop différents, ces deux-là, ça ne pouvait pas coller, et on le sent assez bien
Elle refuse d'admettre la lassitude, puis, à force de la tanner, elle avoue, par colère, qu'elle le méprise, mais qu'elle se refusera toujours à lui dire pourquoi et qu'elle s'engage à rester.
Comment cette charmante godiche belle comme un astre, amenée à se montrer dans les plus beaux lieux de l'Italie, Capri, la Via Appia, peut-elle rester de marbre face aux tentations ?
Il y a Battista qu'elle n'aime pas. Il a des manière rustres, une morphologie de singe - dixit Riccardo - et manque de finesse. Serait-il finalement plus proche d'Emilia ?
Elle finit par quitter son mari, je ne vous dis pas avec qui, elle lui spécifie qu'elle préfère cela à la solitude. Puis, à l'extrême fin, se passe un drame
On sent à peu près tout venir, sauf la toute fin. L'intérêt de cette nouvelle est la psychologie du narrateur, et cela tombe bien qu'on découvre cette histoire par ses yeux.
Il y a un assez intéressant parallèle avec le couple d'Ulysse et Pénélope. Riccardo doit élaborer un scénario adapté de l'Odyssée, et se rend compte des similitudes avec sa propre union, que souligne le producteur allemand.
Pas mal, et plutôt mieux que le film de Godard, beau esthétiquement, solaire comme une page d'hebdomadaire people. Bardot est pas mal en idiote incongrue dans ce couple. Il me semble avoir lu qu'Emilia était brune, ce qui justifie certainement la scène de l'essai de la perruque. Mais il est malaisé de transposer un écrit psychologique, surtout quand le décor est aussi beau et léché que celui-là, voulu par l'auteur lui-même, mais qu'il est plus facile, selon moi, de ne pas voir, pour mieux entrer dans l'ambiance.