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C'est long...
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le 3 juin 2018
Si tu pensais que l’amitié féminine, c’était juste des soirées pyjama et des confidences sur l’oreiller, Le Nouveau Nom d’Elena Ferrante est là pour te rappeler que c’est aussi un champ de bataille. Parce que Lila et Elena, nos deux héroïnes napolitaines, ne sont pas juste amies : elles sont rivales, miroirs, ennemies intimes, et leur relation, c’est un tourbillon d’amour-haine aussi passionné qu’un opéra dramatique.
Après L’Amie prodigieuse, on les retrouve jeunes adultes, toujours liées mais plus fragiles que jamais. Lila, toujours aussi électrique et insaisissable, se débat dans un mariage toxique et une révolte permanente contre tout ce qui l’enferme. Elena, elle, continue de naviguer entre son quartier populaire et les promesses d’un avenir intellectuel ailleurs, tiraillée entre le désir de s’émanciper et la peur de trahir ses origines.
Ferrante n’écrit pas, elle dissèque. Son style est brut, nerveux, organique, et chaque page est un condensé de tension sous-jacente. L’Italie des années 60 grouille de vie, de violence sociale, de tensions familiales et de masculinité oppressante, et dans ce chaos, les deux héroïnes tentent d’exister à leur manière, avec une intensité qui te prend aux tripes.
Alors oui, c’est dense, parfois étouffant, parfois frustrant (Lila, géniale mais insupportable, en particulier). Oui, on a envie d’attraper Elena par les épaules et de lui dire d’arrêter de se comparer sans cesse. Mais c’est précisément ça qui est fascinant : Ferrante ne cherche pas à rendre ses personnages aimables, elle les rend profondément humains, imparfaits, bouleversants.
Bref, Le Nouveau Nom, c’est une chronique d’amitié sous haute tension, un roman d’apprentissage qui cogne autant qu’il caresse, un récit où chaque choix a un prix, et où grandir, c’est apprendre à encaisser les coups sans perdre son âme. Un livre qui ne te laisse pas indemne, et un duo qui te hantera longtemps après la dernière page.
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Créée
le 11 févr. 2025
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