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le 10 mai 2015
SuivreEblouissant !
Incroyable mais vrai : tout le monde autour de moi me parle de ce bijou depuis plusieurs années, mais c'est seulement cette semaine que je me suis décidée à le lire.. Et bien m'en a pris ! Quel...
Chaque page a une odeur, chaque description plonge le lecteur dans cet univers des villes françaises au XVIIIème siècle. Le début du roman annonce déjà la couleur avec des descriptions crues et détaillées, on croirait même que l'auteur est un fin connaisseur lui-même des odeurs. Chaque détail, que ce soit du parfum de fleurs, de l'odeur de la rue ou d'une personne.
Le titre entier du roman est : Le Parfum, histoire d'un meurtrier. Avant de le lire je m'attendais à ce que le roman raconte (de sa majeure partie) l'histoire d'un meurtrier, donc ses meurtres et la motivation de ceux-ci. A ma grande surprise, pas du tout. Le mot important ici n'est pas "meurtrier" mais "histoire". On suit minutieusement la vie de Jean-Baptiste Grenouille, de son enfance à sa mort. Les 4/5 du roman sont en fait le cheminement de Grenouille pour expliquer les derniers chapitres et la raison pour laquelle il tue.
Grenouille est un personnage assez complexe, qui cherche l'acceptance dans un monde qu'il hait. Il n'est pas comme les autres humains, pourtant il souhaite leur ressembler, à travers leur odeur.
Grenouille est sans cesse animalisé par son entourage. Il n'existe pas car il n'a pas d'odeur. Ce qui est intéressant en ce sens est que lui, voit les hommes comme des animaux, il les exècre. Paradoxalement, il décrit les hommes comme des animaux, mais c'est en imitant leur odeur qu'il se sent enfin et finalement humain. Pourtant il les voit comme des bêtes. Il voulait simplement se sentir apprécié et reconnu de son espèce, bien qu'il la haït.
Mais il ne pouvait se soustraire à l'odeur. Car l'odeur était sœur de la respiration. [...] Qui maîtrisait les odeurs maîtrisait le cœur des hommes.
Il y a également une dimension animale montrée inconsciemment chez l'homme, celle de l'odorat. Les Hommes ne ressentent la présence de Grenouille qu'une fois ayant une odeur, impersonnelle, plus ou moins forte. C'est donc certaines odeurs qui permettent aux hommes de se faire remarquer, aimer, que l'on ait pitié d'eux ou qu'on les aime.
Ce qui est également particulier est la mort presque quasiment immédiate de l'entourage de Grenouille lorsqu'il quitte un foyer. La personne qui lui a donné logement, travail, aide, connaissance, meurt au départ de Grenouille. Que ce soit de manière longue, rapide et souvent inutile.
L'auteur fait il une critique de la société, des Hommes en général lorsqu'il s'agit de l'hypocrisie ? Portant le parfum, Grenouille suscite la pitié, l'amour, le désir. Un homme aussi beau, aussi inspirant ne peut être le meurtrier. Evidemment, puisque tous les meurtriers sont hideux...tous les meurtriers ont la tête de l'activité…
Ce qui se produisit ce fut que les dix mille personnes massées sur le cours et sur les pentes environnantes furent instantanément pénétrées de la conviction inébranlable que ce petit homme en habit bleu en train de descendre de la voiture, il était impossible qu'il fût un meurtrier.
Créée
le 22 janv. 2026
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