Mathilde, Alsacienne, rencontre Amine, Marocain, à la fin de la seconde guerre mondiale. Ils se marient et partent vivre à Meknès.
Choc des cultures, drame personnel de Mathilde qui peine à s'adapter à un environnement fantasmé, qui sombre dans la désillusion, persévère tout de même, finit par ne se sentir à sa place nulle part, et tente de se rentre utile pour soigner son orgueil. Il y a plusieurs thèmes dans ce roman, mais celui du déracinement est celui qui est le plus développé, ainsi que la force combative portée par Mathilde jusque dans son prénom. C'est un ensemble de sujets qui me touchent pour des raisons qui me sont propres, mais ils ne suffisent pas, à mon avis, à porter le roman sur sa longueur, surtout en faisant de ce personnage une sorte d'Emma Bovary du bled.
Il y a quelques moments qui se veulent fort, mais j'ai le sentiment que la mayonnaise ne prend pas. Il est difficile de s'attacher aux personnages, ou même de les détester. En ce qui me concerne, ils me sont assez indifférents. C'est une film noir et blanc mal développé qui ne rend qu'une bande de nuances de gris. La faute à un style très timide et un rythme frôlant la bradycardie y sont probablement pour quelque chose.
J'apprécie toutefois l'effort de renverser les rôles et de nous montrer la difficulté d'intégration et d'acceptation d'une femme venue de France dans la société marocaine des années 1950. C'est plutôt bien mené, sans poncifs ni clichés, et va à contre-courant de la soupe qu'on nous sert ces temps-ci pour finalement nous faire réfléchir sur l'universalité du concept d'assimilation et les difficultés qui l'accompagnent. Mais ça ne suffit pas, pour moi, à en faire un bon roman.
J'ai cependant apprécié le passage camusien du chapitre IX où la petite Aïcha découvre l'océan, son bruit, sa fureur, même, et l'atmosphère qui l'entoure.