Le petit prince est un récit narrant l'histoire d'un adulte dans le déni et refusant de grandir. Celui-ci parle avec son ami imaginaire et découvre un nouveau monde à ses côtés.
I. Une solitude redondante dans le récit
Dans le Petit Prince, tous les personnages sont seuls au monde, exceptés les adultes, décrits au pluriel, d'une façon conformiste.
Notre protagoniste, Antoine (le narrateur, salut), est perçu comme un "extraterrestre", une personne marginale coincée entre l'enfance et l'âge adulte. Selon lui, personne ne peut le comprendre, excepté "le petit Prince", un personnage sorti de l'espace (et de son imaginaire), l'incitant ainsi au voyage.
"je désire que l'on prenne mes désirs au sérieux"
Deux "enfants" qui viennent "d'une planète différente", qui font des caprices chacun sans en imaginer les conséquences (vision plutôt adulte) et surtout qui vivent dans leur "bulle", isolés, ne s'ouvrant pas au monde "réel", des "adultes".
- Un complexe d'infériorité poignant
Le complexe d'infériorité d'Antoine se traduit à la fois par un dénigrement de soi-même ("je ne sais pas dessiner, je suis nul, je n'ai fait que deux dessins dans ma vie") mais aussi un égocentrisme et rejet de la faute sur l'adulte ("mais c'est de leur faute, puisqu'ils n'ont jamais pu comprendre ce que je dessinais, alors j'ai dû abandonner mes rêves et me mettre à l'aviation").
C'est dur de se remettre au dessin à mon âge
(Impliquant que l'âge ait quelque chose à voir avec les efforts. Nous n'avons rien sans contrepartie, et c'est également un des sujets évoqués dans Le PP -initiales ironiques-).
Antoine ne se remet jamais en question. Il est resté dans un déni constant, et ses dessins traduisent à merveille cette vision enfantine qu'il arbore.
Antoine est immature et psychologiquement parlant, se trouve des prétextes afin de se protéger. Le but du petit prince, est, selon ma vision, un récit visant à faire comprendre à Antoine qu'il faut grandir -- que chaque chose possède ses bons côtés et ses mauvais; que chaque caprice a son prix et ses responsabilités.
C'est à cause des grandes personnes
Quand on veut un mouton c'est la preuve qu'on existe
(Exister "à ses yeux", dans son "univers", qui prouve que nous ne sommes pas un "adulte")
Doit-on forcément perdre son âme d'enfant quand on grandit ?
Tu veux un mouton. Mais tu ne sais pas que cela implique des responsabilités, qu'il faut nourrir la bête ("des fleurs vont périr"). Une vie pour une autre.
La fleur parlons-en. Elle traduit également une autre facette de l'enfance : la dépendance.
Elle inflige des remords, est égoïste, ne bouge pas.
La fleur, dans ce récit, a grandi et est devenue indépendante. Elle a compris qu'il faut savoir faire des sacrifices pour obtenir quelque chose.
Je peux bien supporter quelques chenilles pour avoir des papillons... et mes épines me protégeront
En un sens, le PP est un livre intéressant, certes. Je me souviens ne pas du tout avoir apprécié l'ouvrage à sa lecture en CM2 (maintenant je suis au collège), j'avais la sensation que le récit était niais, que le PP était un "gamin" (ça parle mal !), ne cessait de râler...
Et au final, moult années plus tard, je décide de relire l'ouvrage...avec une vision adulte (certainement).
Tout ce que je peux constater est un homme seul, sans ami, qui se dénigre et qui n'a jamais su pardonner aux adultes de ne pas l'avoir compris auparavant (a-t-il essayé de comprendre ceux qu'il généralise...?).
PP est-il un Antoine que lui-même aspirerait être ? Jusqu'à quel point les deux sont-ils similaires ?
(Phrase souvent répétée :)
Les grandes personnes sont décidément bien bizarres
Devons-nous tous bizarres quand nous grandissons ? Est-là la raison pour laquelle le narrateur refuse de grandir ?
Arrêtons-nous de réfléchir ? Est-ce là la raison pour laquelle PP est aussi critique et moralisateur envers ses interlocuteurs ?
Le mouton oui ou non a-t-il mangé la fleur ? Et vous verrez comme tout change...
Le mouton de Schrödinger, littéralement. Meilleur retournement de situation