On pourrai être tenté d'appliquer au Sens de la fuite, le deuxième roman de Hajar Azell, le célèbre proverbe "qui trop embrasse mal étreint" mais ce serait quelque peu injuste, eu égard aux qualités du livre de la native de Rabat. Il est vrai cependant que le personnage central d'Alice, jeune femme intrépide, apprentie reporter qui se déplace de Beyrouth au Caire (au moment de la Révolution de 2011) puis d'Alep à Alger et à Oran, semblait un personnage suffisamment fort pour occuper presque à elle seule la totalité du récit. Mais sans crier gare, vers le milieu de l'ouvrage, c'est une autre histoire familiale que la sienne, qui va occuper le premier plan, confirmant le sens du titre du roman, puisqu'il y est question de deux départs d'Algérie, concernant successivement un fils puis sa mère. Certes, l'autrice mêle parfaitement Alice à cette nouvelle intrigue mais l'impression qu'il s'agit presque de morceaux d'un autre livre persiste. Malgré ce sentiment, Le sens de la fuite séduit par son style direct, ses phrases courtes, son émotion contenue (Hajar Azell n'écrit pas les scènes attendues et mélodramatiques de fin) et sa compréhension des enjeux politiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Sans compter, une fois encore, la personnalité d'Alice, une belle figure féminine moderne, que l'on apprend à connaître et à visualiser, presque aussi sûrement que si elle apparaissait sur un écran de cinéma.

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le 26 juin 2025

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